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Classée patrimoine mondial de l’UNESCO, la Réserve de Faune à Okapis (RFO), située en province de l’Ituri, est aujourd’hui gravement menacée par une vague alarmante de destructions environnementales. À Muchacha et dans plusieurs zones périphériques, des milliers d’hectares de forêts primaires ont été rasés, mettant en péril l’un des écosystèmes les plus riches et les plus sensibles de la République démocratique du Congo. Cette déforestation incontrôlée ouvre la voie à une exploitation minière artisanale et industrielle largement illégale, souvent accompagnée de violences, de corruption et d’absence totale de contrôle étatique. La RFO, censée être un sanctuaire de conservation, se transforme progressivement en un espace de prédation économique, au détriment de la biodiversité mondiale et des engagements internationaux pris par la RDC en matière de protection de l’environnement.
Exploitation minière illégale et pollution : une bombe écologique au cœur de la RFO
Au cœur de cette crise, plusieurs entreprises sont régulièrement citées par des acteurs locaux et des organisations environnementales, notamment Kimia Mining, Gold Dragon Ressources et MCC/Congo Maohuai, accusées de mener ou de faciliter des activités minières destructrices dans et autour de la réserve. L’utilisation de mercure et d’autres produits chimiques toxiques pour l’extraction de l’or pollue gravement les rivières et les sols, compromettant durablement la qualité de l’eau et la santé des écosystèmes aquatiques. Cette pollution affecte directement la faune emblématique de la RFO okapis, éléphants de forêt, pangolins, primates déjà fragilisée par le braconnage et la fragmentation de leur habitat. À long terme, ces pratiques risquent de provoquer des dommages irréversibles, mettant en péril le statut même de patrimoine mondial de ce site unique au monde.

Communautés autochtones sacrifiées : quand la conservation échoue à protéger l’humain
Au-delà de l’urgence écologique, la destruction de la Réserve de Faune à Okapis constitue une violation flagrante des droits des peuples autochtones Mbuti et Efe, historiquement dépendants de la forêt pour leur subsistance, leur culture et leur identité. Privées de terres, de ressources alimentaires et d’accès à une eau saine, ces communautés sont contraintes à l’exil, à la précarité et à l’insécurité alimentaire, sans consultation préalable ni mécanisme de compensation crédible. Face à cette situation, la société civile appelle à une action immédiate : arrêt des activités minières illégales, poursuites judiciaires contre les responsables, renforcement de la gouvernance environnementale et implication réelle des communautés locales dans la gestion et la protection de la réserve. Car protéger la RFO, ce n’est pas seulement sauver des espèces menacées, c’est aussi défendre la dignité, les droits et l’avenir des populations qui en sont les gardiennes naturelles.
La Rédaction