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Kinshasa : Marchés pirates visés, mais quelles mesures sociales pour les vendeurs ?Par Fiston ILANGI NDEKE, Urbaniste

Voix du Paysan pour former et informer les citoyens : un engagement pour la justice sociale et climatique

Kinshasa, mai 2025 – Une opération d’envergure a été lancée cette semaine par le gouverneur de la ville de Kinshasa, Daniel Bumba, pour éradiquer les marchés pirates qui occupent illégalement les grandes artères de la capitale. C’est depuis l’avenue Kasavubu que l’autorité urbaine a donné le ton d’une campagne qualifiée de « sans compromis », promettant des sanctions sévères à toute personne qui s’opposerait à cette mesure, affirme Fiston ILANGI NDEKE
Urbaniste|Enseignant-Chercheur à l’Institut Supérieur d’Architecture et d’Urbanisme.

L’initiative, saluée par une partie de la population lassée de l’encombrement urbain et de l’anarchie ambiante, soulève toutefois des questions de justice sociale et d’accompagnement des petits vendeurs, pour qui l’espace public est bien souvent le seul moyen de subsistance.

Des opérations nécessaires, mais à quel coût humain ?


Les marchés pirates, bien que non autorisés, répondent à une réalité sociale : celle d’un tissu économique largement informel où le commerce de rue permet à des milliers de familles de survivre. En supprimant brutalement ces points de vente, la question du devenir de ces vendeurs se pose avec acuité.

Absence de plan social visible


À ce jour, aucune mesure d’accompagnement sociale formelle n’a été annoncée. Ni programme de relocalisation, ni appui financier ou formation pour une réinsertion économique ne semble accompagner cette décision. Cette lacune soulève des préoccupations parmi les associations de défense des droits urbains, qui craignent une aggravation de la précarité.

Entre nécessité de régulation et exigence de justice
La restauration de l’ordre urbain est un objectif louable. Elle ne doit cependant pas ignorer les dimensions humaines et économiques liées à l’informalité. De nombreuses capitales africaines ayant mené des opérations similaires ont intégré des solutions alternatives : marchés modernes, zones de vente encadrées, ou coopératives de commerçants.

Un appel au dialogue et à l’équilibre
L’opération du gouverneur Daniel Bumba gagnerait en impact et en légitimité si elle s’accompagnait d’un dialogue ouvert avec les représentants des vendeurs, d’un recensement des personnes concernées, et d’une offre concrète de relogement économique. Car une ville bien organisée, c’est aussi une ville socialement inclusive.

La Rédaction

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