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La REGEDEK et le UN Global Compact veulent unir leurs forces pour rendre la gestion des déchets plus durable à Kinshasa. Une ambition bienvenue, mais qui devra désormais franchir le mur des déclarations pour atteindre celui, autrement plus exigeant, des résultats.
À Kinshasa, les déchets ont depuis longtemps cessé d’être un simple problème de salubrité. Ils sont devenus le miroir d’une ville qui grandit plus vite que ses infrastructures. Dans les rues, les caniveaux et les marchés, les immondices rappellent chaque jour que la gestion urbaine ne peut plus se satisfaire d’opérations ponctuelles ou de campagnes de sensibilisation sans lendemain. L’engagement annoncé entre la REGEDEK et le UN Global Compact ouvre donc une nouvelle fenêtre, à condition qu’elle ne se referme pas sur un énième communiqué.
La rencontre entre les deux structures traduit une volonté de rapprocher les secteurs public et privé autour d’un défi qui exige précisément ce type de coalition. Professionnaliser la filière, structurer les investissements, améliorer la collecte, favoriser le tri, le recyclage et la valorisation des déchets : voilà le véritable chantier. Car une capitale moderne ne se mesure pas seulement à ses avenues éclairées ou à ses immeubles qui poussent ; elle se reconnaît aussi à la manière dont elle traite ce qu’elle jette.
Sous la direction de Fanny Aude Salmon, l’arrivée de la REGEDEK à la tête de la salubrité urbaine peut être l’occasion de rompre avec l’improvisation et de remettre de la méthode dans un secteur stratégique. Mais la méthode devra être accompagnée de moyens, de contrats transparents, d’équipements adaptés et d’une responsabilité clairement partagée entre autorités, entreprises et citoyens. Sans cela, la montagne institutionnelle risque une nouvelle fois d’accoucher d’une simple campagne de nettoyage.

Kinshasa, elle, n’a plus le luxe d’attendre. Chaque déchet abandonné dans une rue peut finir dans un caniveau, chaque caniveau obstrué peut aggraver une inondation, et chaque dépotoir sauvage peut devenir un foyer de pollution. La question n’est donc plus de savoir si la capitale doit mieux gérer ses déchets, mais comment transformer cette urgence en véritable économie circulaire, créatrice d’emplois et protectrice de la santé et de l’environnement.
Le partenariat entre la REGEDEK et le UN Global Compact sera ainsi jugé non pas à l’aune de la beauté des discours, mais à celle des rues effectivement débarrassées de leurs déchets. Kinshasa n’a pas besoin de nouvelles promesses : elle a besoin de camions qui roulent, de déchets qui sont collectés, triés et valorisés, de contrats qui produisent des résultats et d’une gouvernance qui rende des comptes. Dans une ville où les déchets s’accumulent chaque jour, le temps des intentions doit céder la place à celui des preuves.
Emmanuel Ndimwiza
Éditeur- Voix du Paysan