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À Fizi, l’exploitation des minerais nourrit une colère sourde : entre exigences de transparence, sécurité des populations, environnement et retombées communautaires, le Mouvement citoyen Machozi Ya Raïya demande que les richesses du sous-sol cessent d’être une promesse sans lendemain.
Depuis le territoire de Fizi, Angale Isanganino Bwangyo, coordonnateur du Mouvement citoyen Machozi Ya Raïya, interpelle le gouverneur du Sud-Kivu sur les inquiétudes suscitées par certaines activités minières, notamment celles attribuées à des entreprises à capitaux chinois. Au cœur de la démarche : des interrogations sur la légalité des exploitations, la transparence des engagements, les conditions de sécurité et les retombées concrètes pour les communautés. Derrière les tonnes de minerais extraites, une question demeure lancinante : que reste-t-il aux populations lorsque la richesse quitte leur territoire ?
À Fizi, le minerai ne devrait pas être synonyme d’éboulements, de routes défoncées ou de communautés reléguées au bord du chemin. Le Mouvement citoyen pointe notamment les risques auxquels seraient exposés travailleurs et riverains dans certaines zones minières et réclame un contrôle plus rigoureux des sites. Car lorsqu’une activité économique met en jeu des vies humaines et l’équilibre d’un environnement déjà fragile, le silence administratif n’est plus une réponse : la transparence devient une obligation de gouvernance.
Autre épine dans le dossier : les infrastructures. RN5, Fizi-Centre–Elumbe, Katanga–Mukera, Lusenda–Elumbe… ces axes constituent des artères vitales pour les populations et l’économie locale. Le Mouvement estime que les engagements pris par les opérateurs miniers doivent produire des réalisations vérifiables, et non demeurer enfermés dans des conventions, des promesses ou des arrangements dont les communautés ne perçoivent pas les effets. Le véritable développement minier ne se mesure donc pas seulement au volume de minerais extrait, mais aussi à la dignité, à la sécurité et aux infrastructures laissées derrière lui.
La lettre adressée au gouverneur constitue ainsi un appel à regarder le sous-sol de Fizi autrement : non comme un simple réservoir de richesses, mais comme un patrimoine dont l’exploitation engage l’avenir des populations. En demandant des missions de contrôle, la vérification des titres miniers, le respect des obligations environnementales et sociales et un suivi des engagements communautaires, Angale Isanganino Bwangyo, depuis Fizi, place une exigence simple mais redoutable au centre du débat : si les minerais appartiennent à l’économie, les communautés doivent, elles aussi, appartenir à l’équation du développement.
Emmanuel Ndimwiza
Éditeur- Voix du Paysan
FIZI : ANGale Isanganino Bwangyo met les autorités face à leurs responsabilités minières