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Farine de poisson en Afrique de l’Ouest : quand l’exportation affame les populations et menace la sécurité alimentaire régionale

Voix du Paysan pour former et informer les citoyens : un engagement pour la justice sociale et climatique.

L’essor rapide de l’industrie de la farine et de l’huile de poisson en Afrique de l’Ouest constitue aujourd’hui une menace majeure pour la sécurité alimentaire et l’équilibre socio-économique de la région, comme le révèle le rapport de Greenpeace dénonçant le détournement massif de poissons pourtant essentiels à l’alimentation de près de 40 millions de personnes ; des espèces pélagiques, autrefois accessibles aux populations locales, sont désormais capturées en grande quantité pour être transformées en farine ou en huile destinées principalement à l’exportation vers l’Asie et l’Union européenne, dans un contexte où les stocks halieutiques sont déjà fragilisés par des décennies de surpêche, aggravant la rareté du poisson sur les marchés locaux et augmentant son prix, au détriment des ménages les plus vulnérables.

Une industrie florissante au détriment des communautés locales

En Mauritanie, au Sénégal et en Gambie, l’expansion des usines de farine et d’huile de poisson a profondément bouleversé les économies locales de la pêche, marginalisant les pêcheurs artisans et les femmes transformatrices qui dépendaient historiquement de ces ressources pour nourrir leurs familles et générer des revenus ; Greenpeace recense une cinquantaine d’usines dans la région, dont la majorité de la production est tournée vers l’exportation, transformant le poisson destiné à la consommation humaine en intrants pour les élevages industriels de poissons, de porcs ou de volailles à l’étranger, une logique économique jugée absurde dans des pays où le poisson fournit jusqu’à 70 % des apports en protéines animales pour la population.

Un appel urgent à la responsabilité des États et des entreprises

Face à cette situation critique, Greenpeace Afrique appelle les gouvernements ouest-africains et les entreprises impliquées à assumer pleinement leurs responsabilités en réduisant drastiquement les volumes de poissons destinés à la farine et à l’huile, en protégeant les réserves halieutiques et en plaçant la sécurité alimentaire et les droits fondamentaux des populations au cœur des politiques publiques ; pour l’organisation, préserver les ressources marines n’est pas seulement un enjeu environnemental, mais une question de dignité humaine, de justice sociale et de souveraineté alimentaire, car l’assiette des Africaines et des Africains doit impérativement passer avant les intérêts de l’agrobusiness industriel mondial.

La Rédaction

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