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Djoret Biaka : “Le Tchad pauvre, riche et peu endetté” — le paradoxe d’un pays aux immenses ressources devenu le symbole d’un échec politique et économique

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Le faible niveau d’endettement du Tchad est souvent présenté comme un indicateur de prudence économique. Pourtant, derrière cette façade se cache une réalité beaucoup plus inquiétante : celle d’un État incapable de transformer ses richesses naturelles en développement humain durable. Pays pétrolier, doté d’importantes ressources minières, agricoles et d’une jeunesse dynamique, le Tchad reste pourtant parmi les nations les plus pauvres du continent africain. Cette contradiction révèle moins une bonne gouvernance qu’une profonde crise de vision politique, marquée par l’instabilité, la mauvaise gestion et l’absence de stratégies capables de bâtir une économie productive et inclusive.

Comme le souligne Djoret Biaka, le drame du Tchad ne réside pas dans un excès d’endettement, mais dans l’incapacité de ses dirigeants à utiliser les marges financières et les richesses nationales pour construire des infrastructures, renforcer les services sociaux et restaurer la dignité des citoyens. Dans de nombreux pays émergents, l’endettement sert à financer des routes, des écoles, des hôpitaux, l’accès à l’énergie et la création d’emplois. Au Tchad, l’absence de crédibilité institutionnelle et la persistance d’une gouvernance opaque freinent les investissements, affaiblissent la confiance internationale et enferment le pays dans une pauvreté structurelle malgré son immense potentiel.

Le paradoxe tchadien constitue aujourd’hui l’un des plus grands échecs politiques et économiques de la région sahélienne. Un pays riche qui demeure pauvre, un État peu endetté mais incapable d’offrir des perspectives à sa jeunesse, une nation stratégique qui peine encore à garantir stabilité, justice sociale et développement. Tant que les ressources nationales continueront d’être dissociées des besoins réels de la population, le faible taux d’endettement du Tchad ne pourra jamais être considéré comme une victoire. Il restera le symbole silencieux d’opportunités perdues et d’un leadership qui n’a pas su transformer l’espoir en progrès concret.

La Rédaction

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