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Centrafrique : la santé du Président Touadéra au cœur de toutes les interrogations

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Depuis plusieurs jours, la République centrafricaine est secouée par une vague de rumeurs et d’informations contradictoires concernant l’état de santé de son président, Faustin-Archange Touadéra. Ce climat d’incertitude, alimenté par les réseaux sociaux, certains médias et l’absence initiale de communication officielle, a soulevé de nombreuses inquiétudes au sein de la population. Retour sur une situation qui révèle autant les fragilités politiques que la gestion délicate de l’information dans le pays.

Tout est parti d’informations circulant dès le 21 juin sur divers canaux informels faisant état d’un malaise du Président centrafricain et de son évacuation sanitaire en urgence. D’après plusieurs sources concordantes, Faustin-Archange Touadéra aurait été victime d’une occlusion intestinale sévère, une pathologie qui, si elle n’est pas prise en charge rapidement, peut mettre en danger la vie du patient.

Dans la nuit du 21 au 22 juin, le Président aurait été évacué discrètement à bord d’un jet médicalisé en direction de Libreville, au Gabon, où il aurait reçu des soins de première urgence. Son état nécessitant une prise en charge spécialisée, il aurait ensuite été transféré à Bruxelles, en Belgique, où une opération chirurgicale aurait été pratiquée. Selon les dernières informations recueillies de ces mêmes sources, l’intervention se serait déroulée sans complication majeure et le Président serait désormais stabilisé, en convalescence.

Alors que les informations circulaient de façon virale sur les réseaux sociaux et dans certaines rédactions, aucun communiqué officiel n’a été diffusé durant les premières heures, puis les premiers jours suivant l’évacuation présumée. Cette absence de réaction officielle a contribué à alimenter les rumeurs et à faire naître de nombreuses inquiétudes au sein de la population centrafricaine.

En effet, pour de nombreux observateurs, ce silence du pouvoir central a été perçu comme un signe de fébrilité politique et de manque de transparence. Les spéculations les plus diverses ont circulé : vacance temporaire ou durable du pouvoir, gravité de l’état de santé du chef de l’État, risques d’instabilité institutionnelle, voire hypothèses de luttes de succession anticipées.

Face à l’ampleur prise par les spéculations et à la pression croissante de l’opinion publique, le gouvernement a finalement pris la parole. C’est lors de la conférence de presse hebdomadaire tenue le 23 juin que le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Maxime Balalou, est intervenu pour démentir fermement les informations faisant état d’une hospitalisation du Président.

« Le Président Faustin-Archange Touadéra va bien. Toutes ces allégations diffusées sur les réseaux sociaux et dans certains médias sont fausses, mensongères et visent à troubler la quiétude de la population », a déclaré le ministre devant la presse.

Tout en reconnaissant le déplacement du Président à Bruxelles, le porte-parole du gouvernement a précisé qu’il s’agissait d’un voyage planifié, effectué dans le cadre d’un bilan médical de routine et d’une participation imminente à la conférence internationale de GAVI (Alliance mondiale pour les vaccins et la vaccination). Selon lui, aucune urgence médicale n’aurait justifié une évacuation sanitaire.

Au-delà de la question médicale, cette affaire intervient dans un contexte politique déjà tendu en Centrafrique. Le Président Touadéra, élu pour un second mandat en 2020, fait face à plusieurs défis majeurs : une insécurité persistante avec la présence des groupes armés sur une large partie du territoire, une dépendance accrue vis-à-vis des forces militaires étrangères, notamment russes avec le groupe Wagner, et une contestation politique latente alimentée par des opposants qui dénoncent un verrouillage progressif de l’espace politique.

Bélisaire Dorval Sahoul

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