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Beni : quand le contrôle routier tourne au harcèlement, la population étouffe

Voix du Paysan pour former et informer les citoyens : un engagement pour la justice sociale et climatique.

Au rond-point du 30 Juin, le contrôle de la circulation est dénoncé comme une épreuve quotidienne par des habitants déjà éprouvés par l’insécurité et les difficultés économiques.

À Beni, circuler semble désormais relever du parcours du combattant. Au rond-point du 30 Juin, des usagers dénoncent la présence massive d’agents de la Police de circulation routière et des contrôles jugés systématiques. Chaque arrêt, chaque vérification, chaque geste d’autorité nourrit un sentiment d’exaspération dans une population qui demande simplement à vaquer à ses occupations.

Le problème n’est pas le contrôle routier en lui-même. Une ville a besoin de règles, de discipline et d’agents chargés de les faire respecter. Mais lorsque le contrôle devient, aux yeux des citoyens, une source d’intimidation et de tracasseries répétées, l’autorité perd progressivement sa légitimité. La route ne devrait pas devenir un guichet informel où l’usager doit payer pour poursuivre son chemin.

À Beni, cette situation prend une résonance particulière. Dans une ville meurtrie par des années d’insécurité, où les citoyens vivent déjà avec la peur, la précarité et la fatigue, ajouter le poids des tracasseries administratives revient à pousser davantage une population au bord de l’exaspération. L’État doit protéger le citoyen, non lui donner le sentiment d’être constamment suspecté ou exploité.

Les autorités urbaines et les responsables de la circulation sont donc interpellés : il est urgent d’évaluer les pratiques observées au rond-point du 30 Juin, de vérifier les modalités des contrôles et de sanctionner tout abus avéré. La présence de nombreux agents ne saurait être synonyme d’efficacité si elle transforme un carrefour en espace de tension entre policiers et citoyens.

Car derrière chaque conducteur arrêté, chaque commerçant retardé, chaque citoyen humilié, il y a une confiance publique qui s’effrite. Beni n’a pas besoin d’une administration qui ajoute de la pression à la douleur ; elle a besoin d’une autorité juste, professionnelle et respectueuse. Si le contrôle devient racket et si l’uniforme devient intimidation, alors oui, tuko naenda pabaya — et il appartient aux autorités de redresser la situation avant que la frustration ne se transforme en colère.

La Rédaction

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