×
Logo en chargement
CHARGEMENT...

À l’Est de la RDC, détruire les forêts, c’est ouvrir la porte à Ebola : quand la crise écologique devient une menace permanente pour la santé des populations

Voix du Paysan pour former et informer les citoyens : un engagement pour la justice sociale et climatique.

Chaque nouvelle flambée d’Ebola rappelle une vérité que l’on préfère trop souvent ignorer : les épidémies ne naissent pas seulement dans les laboratoires de la nature, elles sont aussi le produit de nos choix. À l’Est de la République démocratique du Congo, la disparition accélérée des forêts, l’exploitation minière, la production de charbon de bois et l’expansion incontrôlée des activités humaines bouleversent des écosystèmes qui constituaient jusque-là une barrière naturelle entre la faune sauvage et les populations.

Lorsque les habitats des chauves-souris, des primates et d’autres espèces sont détruits, les contacts avec l’être humain deviennent plus fréquents. Cette proximité crée les conditions idéales pour le passage des virus de l’animal à l’homme. À cette pression écologique s’ajoutent les conflits armés, qui poussent des milliers de familles à se réfugier dans les forêts et à dépendre davantage de la chasse et de la viande de brousse pour survivre, multipliant ainsi les risques de transmission.

Réduire Ebola à une simple urgence sanitaire serait une erreur stratégique. Cette maladie est aussi le symptôme d’une crise environnementale profonde. Tant que les forêts seront sacrifiées au profit d’une exploitation non durable des ressources naturelles, tant que la biodiversité continuera de s’effondrer et que les écosystèmes seront fragmentés, les conditions favorables à l’émergence de nouvelles zoonoses persisteront.

La véritable riposte commence donc bien avant les centres de traitement. Elle passe par la protection des forêts, la lutte contre la déforestation illégale, l’application de l’approche Une seule santé (One Health), le renforcement de la surveillance des maladies animales et humaines ainsi que la sensibilisation des communautés. Préserver les écosystèmes de l’Est de la RDC n’est pas seulement un impératif écologique : c’est un investissement vital pour prévenir les prochaines épidémies et garantir un avenir plus sûr aux générations futures.

Emmanuel Ndimwiza
Éditeur- Voix du Paysan

Partager

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

×