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Le 20 octobre 2011, Mouammar Kadhafi, à la tête de la Libye depuis 1969, est tué dans des conditions troubles à Syrte, sa ville natale. Deux mois après la chute de Tripoli et la prise du pouvoir par le Conseil national de transition (CNT), celui que l’on surnommait le « Guide de la Révolution » est capturé vivant, désarmé, blessé… puis assassiné. Si les autorités libyennes parlent d’une mort survenue lors d’un échange de tirs, des enquêtes indépendantes, dont celle de Human Rights Watch en 2012, révèlent une exécution extra-judiciaire brutale, précédée de sévices et d’humiliations. Ce jour-là, l’ombre d’une vengeance sanglante a marqué la scène politique libyenne à jamais.
Une exécution qui dérange et qui divise
Le rapport accablant de Human Rights Watch, intitulé Death of a Dictator: Bloody Vengeance in Sirte, démonte la version officielle et pointe du doigt un crime de guerre. Kadhafi, blessé, aurait été capturé, malmené, poignardé à la baïonnette, puis abandonné mourant sur la route de Misrata. L’inhumation secrète du corps, cinq jours plus tard, n’a fait qu’alimenter les doutes et les divisions. Loin d’apaiser la situation, cette mort brutale a plongé la Libye dans une décennie de guerre civile, de milices incontrôlables et d’interventions étrangères.
Un héritage lourd et un pays sans boussole
Aujourd’hui encore, la Libye peine à se relever. L’assassinat de Kadhafi a brisé un système autoritaire, mais sans alternative claire ni transition apaisée. Le pays reste divisé, instable, et instrumentalisé par des puissances extérieures. Pour de nombreux Africains et panafricanistes, Kadhafi représentait plus qu’un dirigeant : une vision de l’Afrique souveraine, affranchie des influences occidentales. Sa fin violente rappelle les limites tragiques des révolutions sans projet collectif et sans justice transitionnelle.
La Rédaction
Mouammar Kadhafi, le 20 octobre 2011 : la fin sanglante d’un guide controversé et le début du chaos libyen