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Dans les récits oraux recueillis par Emmanuel Ndimwiza auprès des anciens d’Idjwi, l’arrivée du clan des Balega sur l’île d’Idjwi remonterait à la première moitié du XIXe siècle, vers 1830. Contrairement à d’autres clans venus par l’îlot de Kime, les Balega auraient franchi le lac Kivu depuis les montagnes d’Itombwe, en territoire de Mwenga, dans l’actuelle province du Sud-Kivu. Poussés par des tensions politiques, des famines récurrentes et le besoin de nouvelles terres cultivables, ils auraient emprunté un itinéraire de contournement en longeant la rive ouest du lac avant de traverser vers l’îlotde kime vers l’îled’Idjwi.
Selon Emmanuel Ndimwiza, les récits des sages de Nyabirehe évoquent un voyage marqué par des sacrifices rituels sur les rives de Kalangala, destinés à apaiser les esprits du lac. Les Balega sont arrivés en plusieurs vagues, accueillis avec prudence par les Bahavu déjà installés, mais progressivement intégrés grâce à leur savoir-faire agricole et leur maîtrise des plantes médicinales. Leur installation s’est faite autour des zones fertiles du sud de l’île, où ils établirent des lignées influentes, mêlant rites ancestraux et alliances coutumières.
Aujourd’hui encore, comme le note Emmanuel Ndimwiza, les descendants des Balega d’Idjwi entretiennent la mémoire de cette traversée comme un acte sacré de survie et de renaissance. Leurs pratiques agricoles, leur relation au sol et aux esprits du lac, et leurs récits chantés dans les cérémonies funéraires, rappellent l’empreinte indélébile de leur migration. Ce patrimoine oral témoigne de la richesse culturelle d’Idjwi, où chaque clan porte en lui une part du mystère et de l’histoire du lac Kivu.
La Rédaction
Balega, gardiens de la mémoire lacustre : Emmanuel Ndimwiza retrace leur odyssée vers Idjwi