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Réflexion/les Mauvais Comportements des Kinois défigurent leur ville et ternissent leur propre image.

Voix du Paysan pour former et informer les citoyens

Pour Fiston ILANGI Ndeke Urbaniste et Enseignant-Chercheur à l’Institut Supérieur d’Architecture et d’Urbanisme Kinshasa, capitale de la République Démocratique du Congo, est une ville au potentiel immense : un territoire vaste, une population dynamique, une position stratégique en Afrique centrale. Et pourtant, les comportements de ses habitants sont trop souvent en contradiction avec l’image de ville moderne que nous voulons tous projeter.

Jet de déchets dans les caniveaux, constructions anarchiques, occupation illégale de l’espace public, destruction du peu d’infrastructures existantes, absence de civisme dans les transports, vandalisme des biens publics… La liste est longue. Ce sont là des gestes quotidiens, devenus presque banals, mais qui abîment profondément notre ville et nourrissent les préjugés sur nous-mêmes, les Kinois.

Chaque mauvaise action contre la ville est une gifle contre l’identité collective.

On entend souvent : “Kinshasa est sale, Kinshasa est chaotique, Kinshasa est invivable…”. Mais posons-nous la vraie question : qui rend Kinshasa ainsi ? La ville ne se salit pas toute seule, les routes ne se bouchent pas par magie, les marchés ne débordent pas spontanément sur les boulevards. Ce sont les actes des habitants eux-mêmes qui transforment la ville, soit pour la construire, soit pour la détruire.

En agissant ainsi, nous faisons plus qu’endommager notre environnement : nous nous dévalorisons nous-mêmes. Car une ville est le reflet de ses citoyens. Si Kinshasa est négligée, alors l’image de ses habitants en souffre aussi. Le monde ne jugera pas la rivière Kalamu ou le Boulevard Lumumba, il jugera les Kinois.

La nature, elle, observe. Et elle répond.

Lorsqu’on bouche les drains, les inondations reviennent. Lorsqu’on coupe les arbres, la chaleur devient insupportable. Lorsque l’on construit dans les zones marécageuses, les maisons s’effondrent à la première pluie. La nature, silencieuse mais implacable, nous enseigne sans parler. Elle en sait plus que nous sur l’équilibre des choses.

Conclusion : Changeons notre rapport à la ville.

Kinshasa a besoin d’un changement de mentalité. Elle ne se développera pas uniquement grâce aux grands projets ou aux discours officiels, mais d’abord par le retour au civisme, à la responsabilité individuelle et collective. Chaque Kinois doit devenir acteur de la propreté, de l’ordre, du respect de l’environnement et de la beauté de sa ville.

Ce n’est qu’à ce prix que Kinshasa deviendra non seulement vivable, mais aussi fière d’elle-même et respectée des autres, a conclu Fiston ILANGI Ndeke Urbaniste| Enseignant-Chercheur à l’Institut Supérieur d’Architecture et d’Urbanisme

La Rédaction

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