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Ebola : ceux qui nous protègent ne doivent pas mourir en silence — l’alerte d’Éric Sankara Dangwe

Voix du Paysan pour former et informer les citoyens : un engagement pour la justice sociale et climatique.

Ils soignent, désinfectent, rassurent et affrontent le risque pendant que nous cherchons à nous protéger. Certains paient déjà de leur vie cet engagement. L’alerte lancée par Éric Sankara Dangwe met en lumière cette réalité trop souvent silencieuse.

Face à Ebola, les blouses blanches ne sont pas seulement au front : elles sont le front. Médecins, infirmiers, infirmières et hygiénistes entrent chaque jour dans des espaces où le virus peut frapper, pour sauver des vies qui ne sont pas les leurs. Certains ont été contaminés, certains ont survécu, d’autres ont perdu la vie. Derrière chaque décès, il y a une famille endeuillée, une équipe éprouvée et une société qui devrait mesurer le prix du sacrifice. À travers son alerte, Éric Sankara Dangwe invite à ne pas oublier ceux qui paient ce lourd tribut.

Aux autorités, la question n’est plus de savoir s’il faut les soutenir, mais comment mieux les protéger. Équipements adaptés, conditions de travail dignes, sécurité, accompagnement et reconnaissance : ceux qui portent la riposte ne peuvent être considérés comme de simples instruments de lutte contre l’épidémie. On ne demande pas à des héros de travailler sans protection. Valoriser le personnel de santé, c’est aussi renforcer la riposte. L’interpellation d’Éric Sankara Dangwe souligne ainsi la nécessité d’une protection réelle et durable des équipes engagées sur le terrain.

Mais la responsabilité ne repose pas uniquement sur les institutions. Dans les communautés, une rumeur peut courir plus vite qu’un virus. Une fausse information peut semer la peur, retarder la consultation et fragiliser la confiance. Refuser les rumeurs, vérifier avant de partager, respecter les mesures de prévention et collaborer avec les équipes de riposte : voilà aussi des gestes qui sauvent. L’alerte d’Éric Sankara Dangwe rappelle que chaque citoyen a également un rôle à jouer dans cette lutte.

Il faut donc regarder ceux qui combattent Ebola autrement. Derrière le masque, la blouse ou le désinfectant, il y a une femme, un homme, un collègue, un parent, un citoyen exposé au même danger que nous. Leur demander de nous sauver tout en les abandonnant à leurs risques serait une terrible contradiction. La reconnaissance ne doit pas arriver après les funérailles. C’est précisément le sens de l’alerte portée par Éric Sankara Dangwe : protéger et reconnaître les soignants avant qu’il ne soit trop tard.

Ebola teste notre système de santé, mais aussi notre sens de la solidarité. Protéger ceux qui nous protègent n’est pas un privilège qu’on leur accorde : c’est une obligation collective. Aux autorités de prendre leurs responsabilités. Aux communautés de prendre les leurs. Et à chacun de comprendre que, dans cette bataille, la vie d’un soignant vaut autant que la vie de celui qu’il tente de sauver. Leur combat contre Ebola est, au fond, notre combat pour la vie. L’alerte d’Éric Sankara Dangwe doit donc résonner comme un appel à la responsabilité collective.

Emmanuel Ndimwiza
Éditeur – Voix du Paysan

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