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Idjwi : quand Chance Rwesi transforme le lac Kivu en bassin d’opportunités

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À Idjwi, la pisciculture prend des allures de réponse locale à un besoin devenu structurel : celui de l’accès aux ressources halieutiques. Sur le littoral du lac Kivu, le jeune entrepreneur Chance Rwesi, promoteur de l’auberge Idjwi City, a choisi d’investir dans cette activité pour contribuer à l’approvisionnement de la population en poisson. Baptisé « TOP POISSON », ce projet traduit une conviction simple : les besoins d’une communauté peuvent aussi devenir le point de départ d’une entreprise utile à tous.

À travers cette initiative, Chance Rwesi ne se contente pas de créer une activité commerciale. Il expérimente une forme d’entrepreneuriat de proximité, fondée sur la production locale et la distribution au sein même du territoire. Les poissons issus de ses installations sont achetés en gros par des vendeuses de la contrée, qui les écoulent ensuite au détail auprès des ménages. Une chaîne économique modeste en apparence, mais qui fait vivre plusieurs acteurs et rapproche le producteur du consommateur.

Le promoteur reconnaît toutefois que le chemin reste semé d’obstacles. Les difficultés liées aux moyens, à la capacité de production et à l’extension de l’initiative limitent encore les ambitions du projet. Chance Rwesi souhaite ainsi voir davantage d’accompagnement autour de cette expérience afin de consolider ses installations, accroître la production et, à terme, étendre cette activité aux milieux environnants. Son ambition dépasse donc la seule rentabilité : il entend faire de la pisciculture un véritable levier économique et alimentaire pour Idjwi.

Cette dynamique locale s’inscrit dans un contexte plus large. Comme du côté de Brasserie, au Rwanda, où la pisciculture alimente déjà des circuits commerciaux, le poisson circule sur le lac Kivu jusqu’à Idjwi. De jeunes commerçants s’approvisionnent en gros, franchissent les frontières et alimentent ensuite hôtels, auberges, traiteurs et ménages. Derrière ces transactions se dessine une économie insulaire qui relie producteurs, commerçants, restaurateurs et consommateurs, au-delà des frontières administratives.

L’avenir de la pisciculture à Idjwi dépendra désormais de la capacité des acteurs locaux, des autorités et des partenaires à accompagner les initiatives existantes : accès au financement, formation technique, amélioration des infrastructures, développement des chaînes de commercialisation et mise en place de mécanismes permettant aux jeunes entrepreneurs d’accroître leur production. Pour Chance Rwesi, l’enjeu est aussi de faire de son expérience un message adressé à toute une génération : les jeunes insulaires ne doivent pas seulement attendre un emploi, ils peuvent aussi créer des emplois. En investissant dans la pisciculture, l’agriculture, l’élevage, la transformation agroalimentaire ou d’autres secteurs porteurs, ils peuvent contribuer à réduire le chômage et à renforcer l’économie locale.

L’ambition est de voir émerger à Idjwi une nouvelle génération d’entrepreneurs capables de produire pour leur territoire, mais également d’approvisionner les marchés des territoires et villes environnants. Car demain, le lac Kivu ne devrait pas seulement être un espace de passage : il peut devenir un espace de production, d’innovation et de prospérité partagée, capable de contribuer durablement à la sécurité alimentaire d’Idjwi et au-delà.

La Rédaction

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