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Bukavu brûle, et les autorités regardent encore

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À Irambo 2, un nouvel incendie rappelle brutalement que Bukavu n’est plus seulement une ville qui s’étend : c’est une ville qui s’embrase, faute d’avoir été véritablement pensée.

Encore le feu. Encore des maisons réduites en cendres. Dans la nuit du lundi 7 au mardi 8 septembre 2026, Irambo 2 s’est réveillé sous les flammes. Plusieurs habitations sont parties en fumée et, selon des sources locales, un enfant aurait perdu la vie. Le bilan, encore provisoire, viendra peut-être s’alourdir. Mais une certitude, elle, ne souffre d’aucun doute : à Bukavu, l’incendie n’est plus un accident isolé. Il devient le symptôme d’une ville qui accumule les vulnérabilités sans jamais les traiter à la racine.

Car derrière chaque maison brûlée, il y a une famille qui perd son toit, ses économies, ses souvenirs et parfois, tragiquement, un être cher. Et derrière chaque colonne de fumée se pose la même question : combien de drames faudra-t-il encore avant que l’on considère les incendies urbains comme une urgence publique ? Bukavu grandit dans l’étroitesse, la précarité et le désordre spatial, tandis que les mécanismes de prévention, d’intervention et de planification semblent courir derrière une ville qui avance à toute vitesse.

Il faut donc cesser de reconstruire Bukavu incendie après incendie, quartier après quartier, drame après drame. Les autorités provinciales et municipales doivent repenser la ville dans son ensemble : urbanisme, sécurité des habitations, accès aux voies de secours, réseaux électriques, points d’eau, équipements anti-incendie, contrôle des constructions et organisation des quartiers. Une ville qui ne peut pas protéger ses habitants contre un feu ordinaire est une ville qui doit revoir ses priorités. Prévenir ne coûte pas seulement moins cher que reconstruire : cela évite surtout de compter les morts.

Bukavu mérite mieux que cette succession de sinistres auxquels succèdent des constats, des promesses et puis l’oubli. Irambo 2 ne devrait pas être une nouvelle ligne dans la longue chronique des incendies de la ville, mais un électrochoc. Aux autorités de regarder enfin Bukavu non comme un territoire à administrer au jour le jour, mais comme une ville à penser pour les décennies à venir. Repenser Bukavu n’est plus une ambition : c’est une obligation.

La Rédaction

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