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Dans le Tanganyika, franchir le pont Lwizi relève désormais moins de la mobilité que du pari avec le danger. Une situation qui interpelle l’État sur ses priorités infrastructurelles.
À une cinquantaine de kilomètres de Kabalo, le pont Lwizi ne relie plus seulement deux rives : il sépare une population de ses activités, de ses marchés et parfois de ses services essentiels. Son état de dégradation avancée transforme chaque traversée en épreuve et rappelle une vérité trop souvent oubliée : une route impraticable est une économie qui s’essouffle.
Le recours aux pirogues par certains motards, ou la traversée directe de l’ouvrage par des passagers malgré les risques, dit beaucoup de l’urgence. Quand les citoyens sont contraints de choisir entre contourner l’obstacle au prix d’un détour coûteux ou risquer leur sécurité, l’infrastructure cesse d’être un simple problème technique : elle devient une question de responsabilité publique.
Le gouvernement provincial du Tanganyika ne peut se contenter de constater. Il lui faut établir un diagnostic technique immédiat, sécuriser provisoirement le passage, installer une signalisation claire et, surtout, inscrire la réhabilitation du pont Lwizi parmi les priorités budgétaires. Une expertise indépendante, assortie d’un calendrier public des travaux, permettrait également d’éviter que cette urgence ne se perde dans les lenteurs administratives.
Au-delà du pont, c’est toute la politique de désenclavement du Tanganyika qui mérite d’être repensée. La réhabilitation des axes secondaires, l’entretien régulier des ouvrages et la mise en place d’un mécanisme provincial de surveillance des infrastructures permettraient d’intervenir avant que les ponts ne deviennent des pièges mortels. L’anticipation coûte toujours moins cher que la réparation après le drame.
Le pont Lwizi n’a pas besoin de promesses supplémentaires. Il a besoin d’une décision, d’un financement et d’un calendrier. Laisser cette infrastructure se dégrader davantage, c’est accepter que l’isolement devienne une fatalité pour les populations de cette partie du Tanganyika. Ce matin, l’appel est simple : que les autorités regardent enfin ce pont non comme une vieille structure à réparer, mais comme une artère vitale à sauver.
Éditeur- Voix du Paysan
Pont Lwizi : quand un pont devient le symbole de l’abandon