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Nord-Kivu : quand le silence d’IFOD/CARITAS face aux salaires des enseignants devient une injustice qu’il faut enfin réparer

Voix du Paysan pour former et informer les citoyens : un engagement pour la justice sociale et climatique.

Des enseignants déjà éprouvés par la guerre attendent leur salaire. Face à leur détresse, le silence ne peut plus tenir lieu de réponse : IFOD/CARITAS doit s’expliquer, agir et rétablir les travailleurs dans leurs droits.

Au Nord-Kivu, l’enseignant ne demande pas l’aumône. Il réclame le fruit de son travail. Après avoir tenu les classes malgré les violences, les déplacements et l’insécurité, le voilà contraint d’affronter une autre épreuve : l’attente interminable de son salaire. Derrière chaque mois impayé, il y a une famille suspendue, un repas sacrifié, des frais scolaires reportés, des soins différés. Quand la pauvreté devient une routine et que le silence institutionnel s’installe, ce n’est plus seulement un problème administratif : c’est une question de dignité humaine.

IFOD/CARITAS, parce qu’elle se réclame d’une vocation de service et de solidarité, ne peut rester sourde à cette détresse. Une institution qui travaille au nom du bien-être communautaire doit précisément être présente lorsque la communauté souffre. Les enseignants ont droit à des explications précises : où se trouvent leurs salaires ? Pour quelle raison les paiements sont-ils retardés ? Quel calendrier concret est prévu pour les régulariser ? Le silence nourrit la colère, les rumeurs et la méfiance. Il est temps qu’IFOD rende des comptes et assume pleinement ses responsabilités.

Mais cette crise ne peut être abandonnée à la seule institution financière. Le gouvernement congolais doit sortir de sa réserve et protéger ceux qui tiennent debout l’école nationale. Dans une province meurtrie par la guerre, laisser des enseignants sans salaire revient à fragiliser davantage un service public déjà exsangue. Kinshasa doit donc s’impliquer, vérifier les mécanismes de paiement, garantir la traçabilité des fonds et faire respecter les droits des enseignants. L’État ne peut déléguer sa responsabilité sociale sans en contrôler les conséquences.

Il faut désormais des actes, pas des silences. IFOD/CARITAS doit communiquer, clarifier, payer et réparer, tandis que le gouvernement doit garantir que plus aucun enseignant ne soit abandonné dans ce labyrinthe administratif et financier. La dignité d’un enseignant ne se négocie pas et son salaire n’est pas une faveur. Au Nord-Kivu, payer les enseignants, c’est respecter le travail ; les faire attendre sans explication, c’est prolonger l’injustice.

La Rédaction

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