Voix du Paysan pour former et informer les citoyens : un engagement pour la justice sociale et climatique.
À Walikale comme ailleurs en RDC, la richesse minière ne peut être durable si elle se paie par la destruction des rivières, des forêts et des moyens de subsistance des communautés.
L’exploitation minière nourrit les statistiques de croissance, remplit les discours sur l’emploi et alimente les recettes publiques. Mais derrière l’éclat de l’or et la valeur des minerais se dessine parfois une réalité beaucoup moins brillante : cours d’eau dégradés, sols fragilisés, forêts amputées, habitats bouleversés et communautés riveraines exposées aux conséquences d’une richesse dont elles ne perçoivent pas toujours les bénéfices. À Walikale, territoire au sous-sol généreux, la question n’est donc plus de savoir s’il faut exploiter, mais à quel prix et au bénéfice de qui.
Car une mine ne devrait jamais être une licence de détruire. Le Code minier et la réglementation environnementale ne sont pas des ornements administratifs : ils constituent des garde-fous destinés à prévenir, contrôler et réparer les dommages causés aux écosystèmes et aux populations. L’article 204 du Code minier, comme les mécanismes de suivi environnemental, doit ainsi être considéré non comme une formalité, mais comme une obligation dont le respect mérite une vigilance permanente. Quand les textes existent mais que le contrôle faiblit, c’est la nature et les communautés qui paient la facture.
Il appartient dès lors aux autorités, aux entreprises minières, à la société civile, aux médias et aux communautés elles-mêmes de jouer pleinement leur rôle de sentinelles. Sur le terrain, il faut regarder, documenter, alerter et exiger des comptes : les engagements environnementaux sont-ils respectés ? Les communautés riveraines sont-elles protégées ? Les écosystèmes dégradés sont-ils restaurés ? Les bénéfices promis atteignent-ils réellement les populations ? Une richesse qui laisse derrière elle des rivières mortes, des terres improductives et des communautés marginalisées ne saurait être qualifiée de développement.
Walikale ne doit pas choisir entre richesse minière et avenir écologique. Le véritable enjeu est de démontrer qu’une exploitation peut créer de la valeur sans hypothéquer les générations futures. Car l’or peut être extrait du sous-sol et s’épuiser ; une forêt détruite, une rivière contaminée ou un territoire défiguré, eux, peuvent laisser une dette écologique dont plusieurs générations paieront le prix. En RDC, la question minière doit donc changer de paradigme : extraire moins aveuglément, contrôler davantage, partager plus justement et restaurer réellement. La richesse du sous-sol ne vaut que si elle ne condamne pas ceux qui vivent au-dessus.
Éditeur- Voix du Paysan
Walikale : l’or du sous-sol ne doit pas devenir le poison du sol