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Sud-Kivu brûle : quand l’incendie devient le visage d’une catastrophe ordinaire

Voix du Paysan pour former et informer les citoyens : un engagement pour la justice sociale et climatique.

À Cimpwiji, plus de 100 ménages sinistrés et deux morts rappellent une urgence trop souvent traitée comme un simple fait divers : au Congo, l’incendie urbain est devenu un risque structurel.

À Mudusa, la nuit du 14 au 15 août n’a pas seulement consumé des maisons. Elle a englouti des vies, des biens et des années d’efforts. Deux morts, trois blessés et plus de 100 ménages jetés dans la précarité : le bilan provisoire de Cimpwiji, dans le groupement de Mudusa, est une nouvelle alerte. Et comme souvent, plusieurs habitations auraient dû être démolies pour empêcher les flammes de gagner du terrain. Dans l’urgence, la solidarité citoyenne prend le relais d’un système de prévention manifestement trop faible.

Mais le drame de Cimpwiji dépasse les frontières de Kabare. À Bukavu comme à Goma et dans plusieurs autres villes congolaises, les incendies se répètent avec une inquiétante banalité. Habitat densifié et souvent précaire, installations électriques défaillantes, usage dangereux des combustibles, accès difficile des secours, absence d’équipements adaptés et insuffisance des dispositifs d’alerte : le feu trouve un terrain idéal. Après chaque catastrophe viennent les condoléances, les appels aux dons et quelques interventions d’urgence. Puis le silence retombe, jusqu’au prochain brasier.

Il faut désormais sortir de cette logique de réaction. Les autorités nationales et locales doivent cartographier les zones à haut risque, renforcer les services de protection civile et les brigades anti-incendie, multiplier les points d’eau et garantir l’accessibilité des quartiers aux véhicules de secours. Un contrôle plus rigoureux des installations électriques et des constructions, associé à des campagnes permanentes de prévention dans les quartiers, les écoles et les marchés, est indispensable. Les compagnies d’électricité, les municipalités, les organisations humanitaires et les communautés doivent également construire des mécanismes d’alerte rapide et des plans locaux d’évacuation.

Car une ville qui attend que les flammes commencent à danser pour chercher ses extincteurs est une ville qui a déjà perdu la bataille. Cimpwiji mérite une aide immédiate — vivres, abris, vêtements, médicaments, couvertures et biens essentiels — mais ses habitants méritent surtout que leur malheur ne soit pas condamné à se répéter. De Bukavu à Goma, l’incendie doit cesser d’être considéré comme une fatalité : prévenir, équiper, contrôler et intervenir rapidement doivent devenir les quatre piliers d’une véritable politique congolaise de sécurité urbaine.

La Rédaction

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