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Bukavu brûle, Ndendere pleure

Voix du Paysan pour former et informer les citoyens : un engagement pour la justice sociale et climatique.

À Bukavu, le feu ne ravage plus seulement des maisons : il emporte des vies, des économies fragiles et un peu plus de la confiance d’une ville déjà éprouvée.

À Ndendere, ce mercredi matin, les flammes ont transformé plus de trente maisons en amas de cendres. Derrière chaque toit disparu, il y a une famille, des souvenirs, quelques économies, parfois toute une vie réduite à néant en quelques minutes. Et le drame a pris une dimension encore plus tragique avec la mort rapportée d’une femme, victime du choc provoqué par cette catastrophe.

Le plus inquiétant n’est peut-être pas l’incendie lui-même, mais sa répétition. Cinq sinistres en quatre jours : à ce rythme, Bukavu ne peut plus se contenter de compter ses maisons brûlées et ses familles sinistrées. Il faut interroger les causes, renforcer les mécanismes d’alerte et de secours, sécuriser les installations domestiques et surtout penser une véritable politique de prévention des incendies. Une ville qui s’habitue aux cendres finit par banaliser le drame.

À Ndendere, la solidarité est aujourd’hui indispensable. Mais elle ne suffira pas demain si la prévention reste le parent pauvre de la sécurité urbaine. Parents, autorités locales, services de secours, responsables religieux et société civile ont chacun un rôle à jouer. Car lorsqu’une ville brûle à répétition, le problème n’est plus seulement celui du feu : c’est celui d’une cité qui doit apprendre à mieux protéger ses habitants avant que les flammes ne parlent à sa place.

Emmanuel Ndimwiza
Éditeur- Voix du Paysan

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