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RDC : quand la Constitution devient le nouveau front de la bataille politique

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À Kisangani, 65 organisations de la société civile tirent la sonnette d’alarme : dans une République éprouvée par la guerre, la précarité et la défiance citoyenne, le changement constitutionnel ne saurait devenir l’urgence des urgences.

La République démocratique du Congo n’a pas besoin d’un nouveau bras de fer institutionnel. Elle a besoin de paix, de sécurité et d’un État capable de répondre aux angoisses quotidiennes de ses citoyens. À Kisangani, les 65 organisations de la société civile ont choisi de rappeler cette évidence au pouvoir : lorsque l’Est brûle, que des familles sont déplacées et que le coût de la vie étouffe les ménages, ouvrir le chantier constitutionnel apparaît, à leurs yeux, comme une dangereuse diversion.

Leur mémorandum adressé au président de la République et aux institutions du pays sonne surtout comme un avertissement politique. Refuser la promulgation de la loi sur l’organisation du référendum, disent-elles, serait un acte de responsabilité plutôt qu’un signe de faiblesse. Car une Constitution n’est pas un simple texte que l’on ajuste au gré des rapports de force : elle est le contrat qui organise la vie collective. Toute tentative de la modifier doit donc s’inscrire dans un consensus suffisamment large pour éviter qu’un débat juridique ne se transforme en fracture nationale.

Mais au-delà du référendum, c’est la question des priorités de l’État qui s’impose. La société civile réclame le retour de la paix, la protection des populations, le retour des déplacés et le respect du calendrier électoral. Elle appelle également à un dialogue national inclusif, non pas pour distribuer de nouvelles cartes politiques, mais pour traiter les blessures qui fragilisent la République. Dans un pays où la confiance citoyenne s’effrite, gouverner consiste aussi à savoir écouter.

Kisangani adresse ainsi un message qui dépasse ses frontières : la stabilité d’un pays ne se décrète pas, elle se construit dans la confiance. À l’heure où la RDC traverse l’une des périodes les plus délicates de son histoire récente, la Constitution ne devrait être ni une arme ni un trophée. Elle doit rester ce qu’elle prétend être : le socle commun d’une République qui cherche encore, entre guerre et espoir, le chemin de la paix.

La Rédaction

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