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L’Ituri se retrouve à un moment critique de sa lutte contre Ebola. Alors que les équipes de riposte ont suspendu leurs activités pour dénoncer des arriérés de salaires, le manque d’équipements et la précarité de leurs conditions de travail, les premiers signaux d’alerte se multiplient. Des décès signalés à domicile à Bunia ravivent les inquiétudes sur un possible affaiblissement du dispositif de surveillance. Pour le député national Gratien Iracan, chaque jour d’inaction augmente le risque d’une reprise de la transmission et compromet les acquis obtenus au prix d’efforts considérables.
Au cœur de la crise se trouve un paradoxe préoccupant : ceux qui constituent la première ligne de défense contre une maladie hautement contagieuse sont eux-mêmes contraints de cesser le travail faute de soutien. Sans investigation rapide des alertes, sans suivi des contacts et sans interventions communautaires, la riposte perd l’essentiel de son efficacité. Dans une province déjà fragilisée par l’insécurité et les déplacements de populations, le moindre retard peut ouvrir la voie à une circulation silencieuse du virus.
Cette crise dépasse désormais le cadre d’un conflit social. Elle interpelle directement la capacité des autorités à protéger la santé publique. Répondre rapidement aux revendications des équipes de riposte n’est plus seulement une question de gestion administrative, mais une nécessité sanitaire. Restaurer la confiance des intervenants, réactiver les opérations de terrain et garantir une réponse rapide aux alertes constituent aujourd’hui les conditions indispensables pour empêcher qu’Ebola ne regagne du terrain en Ituri et ne fasse basculer la province dans une nouvelle phase de l’épidémie.
Emmanuel Ndimwiza
Éditeur- Voix du Paysan
Ebola en Ituri : la grève des équipes de riposte menace de réduire à néant des mois d’efforts, Gratien Iracan presse les autorités d’agir avant qu’il ne soit trop tard