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À travers un communiqué conjoint publié ce 26 mai 2026 à Lubumbashi, les organisations de la société civile AFREWATCH et IPDHOR ont exprimé leur vive indignation face à la détention prolongée de huit leaders communautaires de Kabombwa, dans le territoire de Fungurume, au République démocratique du Congo. Selon ces organisations, ces membres de la communauté auraient été arrêtés il y a plus de 26 jours dans un véhicule de la société minière Tenke Fungurume Mining, sans mandat légal, par des hommes armés accompagnés d’agents de sécurité de l’entreprise. Les organisations accusent la société minière d’exercer des pressions sur la justice afin de maintenir en détention ces leaders communautaires qui dénoncent les conséquences socio-environnementales liées aux activités minières, notamment celles de l’usine à chaux ayant provoqué pollution et maladies au sein des populations locales déplacées.
Dans leur déclaration, AFREWATCH et IPDHOR dénoncent ce qu’elles qualifient d’« instrumentalisation de la justice » au profit des intérêts de TFM. Elles rappellent que les habitants de Kabombwa avaient été délocalisés dans des conditions contestées, en violation des dispositions prévues par l’Annexe XVIII du règlement minier congolais, qui encadre les obligations des entreprises envers les communautés affectées par l’exploitation des ressources naturelles. Les deux organisations regrettent également que la demande de liberté provisoire introduite par les détenus ait été ignorée malgré l’absence de risque de fuite. Pour les défenseurs des droits humains, cette affaire illustre une stratégie récurrente d’intimidation visant les communautés locales qui osent réclamer le respect de leurs droits fondamentaux. Elles évoquent aussi des cas similaires ayant touché auparavant les communautés de Kimbalansani-Kalweji et de Mano Mapia, où plusieurs leaders communautaires auraient été contraints de fuir face aux pressions et menaces.

Face à cette situation jugée préoccupante, AFREWATCH et IPDHOR appellent les autorités congolaises à garantir la protection des communautés locales contre toute forme de harcèlement et d’abus, tout en exigeant la libération immédiate et sans condition des huit leaders détenus. Les organisations exhortent également les investisseurs, partenaires et acheteurs des minerais de TFM à imposer à l’entreprise le respect des droits humains et des principes applicables aux entreprises responsables. Enfin, elles plaident pour une justice indépendante, impartiale et respectueuse des droits fondamentaux, estimant que la recherche de profits miniers ne peut se faire au détriment de la dignité, de la sécurité et des droits des populations vivant dans les zones d’exploitation minière.
La Rédaction