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À l’occasion de la célébration de la Journée internationale de la biodiversité, la structure Appui aux Initiatives Communautaires de Conservation de l’Environnement et de Développement Durable (AICED) a organisé, ce vendredi 22 mai 2026 au Centre d’accueil Bienheureux Isidore Bakanja à Goma, un atelier de renforcement des capacités des acteurs de développement et des médias sur le traité international sur les plastiques, les processus de négociation du Comité intergouvernemental de négociation (CIN) ainsi que le plaidoyer en faveur d’un traité ambitieux contre la pollution plastique.
Réunissant des représentants de la société civile, des journalistes, des organisations environnementales et des jeunes engagés dans la protection de l’environnement, cette activité visait à maintenir la dynamique mondiale en faveur d’un accord international capable de répondre efficacement à la crise plastique qui menace la santé humaine, la biodiversité, les écosystèmes et le climat. Les échanges ont également permis de rappeler les enjeux liés aux futures négociations internationales et l’importance pour la RDC de porter une position forte et ambitieuse dans ce processus.
À l’issue de la rencontre, Faustin Nyembone, Secrétaire Exécutif National de AICED, a conclu que la lutte contre la pollution plastique ne peut réussir sans une implication active des communautés, des médias et des autorités publiques, soulignant que la défense de l’environnement doit être portée par la communauté et pour la communauté, afin de garantir un avenir sain aux générations futures.

Une mobilisation pour un traité fort contre la pollution plastique
Au cours des travaux, plusieurs participants ont insisté sur l’urgence d’agir face à l’augmentation de la pollution plastique dans les villes et les milieux naturels de la RDC. Les discussions ont porté sur les progrès enregistrés dans les négociations internationales, les défis persistants ainsi que les attentes des organisations environnementales africaines dans le cadre des futures sessions du CIN.
Un des participants à la séance a affirmé que les plastiques sont devenus une menace silencieuse qui affecte non seulement l’environnement, mais également la santé humaine à travers la contamination de l’eau, de l’air et de la chaîne alimentaire par les microplastiques. Selon lui, sans engagement politique fort des États et sans pression citoyenne constante, les négociations risquent de perdre leur ambition initiale au profit d’intérêts économiques qui continuent d’encourager la production massive de plastiques à usage unique.
Les participants ont également plaidé pour une meilleure sensibilisation des communautés locales, une implication accrue des médias dans la vulgarisation des enjeux environnementaux et le renforcement des coalitions nationales capables d’influencer les décisions internationales en faveur d’un traité juridiquement contraignant et protecteur des populations.

Des solutions concrètes pour parvenir à un traité ambitieux
Prenant la parole lors des échanges, Emmanuel Ndimwiza, coordonnateur de DEC-ORGANISATION, a présenté plusieurs pistes de solutions concrètes pour lutter efficacement contre la pollution plastique et contribuer à l’adoption d’un traité international ambitieux sur les plastiques. Il a notamment recommandé la réduction progressive de la production des plastiques à usage unique, le renforcement des politiques de tri et de recyclage des déchets, l’accompagnement des initiatives communautaires de gestion durable des déchets ainsi que la promotion d’alternatives écologiques accessibles aux populations.
Emmanuel Ndimwiza a également insisté sur la nécessité pour les gouvernements Africains d’adopter des positions communes fortes lors des prochaines négociations internationales afin de défendre les intérêts environnementaux et sanitaires des communautés Africaines.
Selon lui, l’éducation environnementale, l’implication des jeunes, l’appui aux médias et la responsabilisation des entreprises productrices de plastiques constituent des leviers essentiels pour inverser la tendance actuelle. Il a enfin affirmé qu’un traité ambitieux ne devrait pas seulement réglementer la gestion des déchets plastiques, mais aussi agir à la source en limitant la production excessive des plastiques et en protégeant les droits humains, la biodiversité et le climat.
La Rédaction