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RDC : Idé Bakulu Magadju sonne l’alerte contre le changement de la Constitution et dénonce un référendum “dangereux” pour l’unité nationale

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Dans un contexte national marqué par une insécurité persistante dans l’Est de la République démocratique du Congo, une crise sociale étouffante et une profonde défiance envers les institutions publiques, la sortie médiatique de Idé Bakulu Magadju à Bukavu, ce 19 mai 2026, résonne comme un avertissement politique majeur. Face aux journalistes et à l’opinion nationale, il a rejeté avec fermeté toute initiative visant à modifier la Constitution du 18 février 2006 ou à organiser un référendum constitutionnel dans les circonstances actuelles. Dans un discours dense, articulé et fortement chargé de symboles patriotiques, il a présenté la Constitution comme l’héritage des sacrifices consentis après les guerres qui ont ravagé le pays, rappelant qu’elle avait été conçue pour empêcher le retour de la dictature, garantir l’alternance démocratique et préserver l’équilibre institutionnel.

Pour lui, rouvrir aujourd’hui le chantier constitutionnel sans consensus national équivaut à fragiliser le pacte républicain qui a permis à la RDC d’éviter l’implosion au lendemain des conflits armés. Son intervention s’inscrit dans un climat politique particulièrement tendu, où les débats autour d’une éventuelle révision constitutionnelle alimentent déjà les soupçons d’un agenda de conservation du pouvoir.

Un référendum jugé inopportun dans un pays encore fragilisé par la guerre et les fractures sociales

Dans son argumentaire, l’orateur a insisté sur le caractère inadapté et potentiellement explosif d’un référendum organisé alors qu’une partie du territoire national reste sous la menace des groupes armés et que des millions de Congolais vivent dans des conditions humanitaires précaires. Selon lui, engager un tel processus dans un contexte de guerre, de déplacements massifs des populations et de tensions politiques croissantes reviendrait à ouvrir une nouvelle crise institutionnelle aux conséquences imprévisibles. Il estime que la priorité nationale devrait être la restauration de la sécurité, le renforcement des forces de défense, la lutte contre la corruption et l’amélioration des conditions de vie des citoyens plutôt qu’un débat constitutionnel susceptible de diviser davantage le pays.

Dans une analyse aux accents alarmants, il évoque même le risque de balkanisation de la RDC si les dirigeants persistent dans cette voie, considérant qu’un État politiquement fragilisé devient plus vulnérable aux influences extérieures et aux ambitions de fragmentation. Cette prise de position intervient alors que plusieurs voix religieuses, citoyennes et politiques multiplient déjà les appels à la vigilance face à toute tentative de modification des règles du jeu démocratique dans un environnement national aussi instable.

Idé Bakulu Magadju appelle à la mobilisation patriotique pour défendre la stabilité institutionnelle de la RDC

Au-delà du rejet du projet de référendum, Idé Bakulu Magadju a voulu inscrire son message dans une logique de défense de la cohésion nationale et de consolidation démocratique. Il a formulé quatre revendications principales : l’abandon immédiat de toute initiative de changement de la Constitution, le retrait définitif du projet de référendum, le respect strict de la Constitution actuelle et la concentration des efforts nationaux sur les véritables urgences du pays, notamment la sécurité, l’intégrité territoriale, la gouvernance et la justice sociale.

Dans une formule particulièrement forte, il a affirmé que “changer la Constitution ne donnera ni la paix, ni le pain, ni l’emploi, ni la sécurité au peuple congolais”, résumant ainsi l’essence de son combat politique. Son discours s’est achevé sur un appel à la vigilance citoyenne et à la mobilisation populaire, reprenant la récente exhortation de l’archevêque de Kinshasa, Monseigneur Fridolin Ambongo, invitant les Congolais à se tenir prêts pour la marche. À travers cette déclaration, Idé Bakulu Magadju cherche manifestement à se positionner comme l’une des voix les plus offensives contre toute réforme constitutionnelle qu’il considère comme une menace directe pour la stabilité et l’avenir démocratique de la RDC.

La Rédaction

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