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Idjwi sous le choc : un homme brûlé vif à Mugote après des accusations de sorcellerie, un crime barbare qui exige justice et des enquêtes immédiates

Voix du Paysan pour former et informer les citoyens : un engagement pour la justice sociale et climatique.

Un drame d’une rare gravité a secoué ce samedi 02 mai 2026 le village de Hala, dans le groupement Mugote, chefferie de Ntambuka, territoire insulaire d’Idjwi au Sud-Kivu. Un homme identifié sous le nom de Piyo Ntamusige a été lynché puis brûlé vif par une foule en colère, après que son épouse ait été accusée d’avoir ensorcelé une jeune fille décédée le même jour. Selon plusieurs témoignages locaux, la femme mise en cause aurait pris la fuite après l’annonce du décès, laissant derrière elle un climat de tension extrême. La population, au lieu de recourir aux autorités compétentes, s’est alors attaquée à son mari, avant de détruire sa maison, celle de son fils et d’anéantir tout leur élevage. Ce drame dépasse le simple fait divers : il révèle une violence collective nourrie par la peur, la rumeur et l’absence de mécanismes efficaces de règlement pacifique des conflits. La mort tragique de cet homme rappelle que les accusations sans preuves, lorsqu’elles rencontrent la colère populaire, peuvent se transformer en crimes irréparables.

Une crise sociale enracinée entre croyances, impunité et fragilité institutionnelle

Cet événement met en lumière un problème plus profond qui touche plusieurs communautés rurales : la persistance des accusations de sorcellerie comme explication immédiate aux décès, maladies ou malheurs. Dans des contextes marqués par la pauvreté, le manque d’accès à la santé, la faible présence judiciaire et l’insuffisance d’éducation civique, certaines populations continuent de chercher des responsables humains à des drames parfois naturels ou médicaux. Lorsque l’État paraît absent ou inefficace, la justice populaire s’installe et remplace dangereusement les institutions légales. À Idjwi, où plusieurs cas similaires auraient déjà été signalés depuis le début de l’année, cette répétition traduit non seulement une crise sécuritaire locale, mais aussi une fragilisation du tissu social. Chaque lynchage laisse derrière lui des familles détruites, des enfants traumatisés, des cycles de vengeance possibles et une communauté davantage divisée. La banalisation de tels actes constitue une menace directe contre l’État de droit et contre la coexistence pacifique entre citoyens.

Quelles réponses urgentes pour restaurer la paix et prévenir d’autres tragédies ?

Face à cette situation alarmante, les autorités administratives, coutumières, policières et judiciaires doivent agir avec fermeté et rapidité. Une enquête indépendante et crédible doit être ouverte sans délai afin d’identifier tous les auteurs matériels et instigateurs de ce meurtre collectif, puis les traduire devant la justice. Mais la répression seule ne suffira pas. Il est indispensable de lancer des campagnes communautaires de sensibilisation sur les dangers des rumeurs, des accusations sans preuves et de la justice populaire. Les leaders coutumiers, religieux, enseignants et organisations de la société civile doivent être impliqués dans un dialogue permanent pour promouvoir la médiation et la résolution non violente des conflits. Il faut également renforcer l’accès aux soins de santé et à l’information scientifique afin d’éviter que chaque décès soit interprété comme un acte de sorcellerie. Enfin, la protection des personnes accusées à tort doit devenir une priorité, car toute société qui tolère qu’un innocent soit brûlé vif s’expose à voir la peur remplacer durablement la loi.

La Rédaction

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