Voix du Paysan pour former et informer les citoyens : un engagement pour la justice sociale et climatique.
Les témoignages glaçants recueillis par notre média auprès des familles des jeunes transporteurs de sable à Idjwi révèlent une situation profondément choquante et inacceptable. Sous couvert de syndicalisme, certains responsables, sont accusés de pratiques inhumaines à l’encontre de ces jeunes hommes qui bravent chaque jour les eaux du lac Kivu pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs proches. Un parent rencontré à Lushindi, groupement Nyakalengwa, nous confie sous anonymat : Mon fils est parti chercher une vie meilleure, mais il est revenu battu, humilié, comme s’il n’était rien. Est-ce le prix à payer pour vouloir travailler dignement ? Ces propos font écho aux nombreuses vidéos et commentaires largement relayés sur les réseaux sociaux, où l’on aperçoit des jeunes molestés, menacés, sous prétexte de désobéissance ou d’un prétendu vol de téléphone. Mais derrière ces justifications douteuses, c’est surtout le contrôle absolu d’un business lucratif qui semble être en jeu, monsieur Safari Kindungwe du village Kilala est le responsable de ces actes ignobles que nous condamnons tous.

Une violence structurelle déguisée en autorité syndicale
Les contradictions entre les propos et la réalité exposée dans les vidéos laissent entrevoir une tentative de masquer une violence organisée. Ces jeunes, souvent sans voix ni protection, sont soumis à un système de peur, de menaces et d’humiliations qui nie leur droit fondamental à la liberté de mouvement et à la dignité. Pourquoi criminaliser leur simple volonté de rendre visite à leurs familles ? Pourquoi les bastonner comme des esclaves modernes ? Ces actes ne sont ni des erreurs de gestion ni des incidents isolés ils relèvent d’une violence structurelle, tolérée par un silence complice des autorités locales. Les pêcheurs, commerçants et notables d’Idjwi ne peuvent plus rester indifférents face à cette situation. Car si demain un de ces jeunes meurt en fuyant les coups, qui portera la responsabilité ?

Les familles exigent justice et dignité pour leurs enfants
Nous ne demandons pas grand-chose. Juste que nos enfants soient traités comme des êtres humains, insiste un autre parent, la voix tremblante de colère. À Idjwi, les familles sont profondément meurtries et appellent les autorités à sortir du silence et à agir. Ces jeunes hommes sont des piliers économiques dans la chaîne de distribution du sable à Bukavu, Goma et au-delà. Les réduire à de simples pions corvéables, c’est assassiner leur avenir, c’est trahir leur humanité. Ce cri des familles doit être entendu, car ce qui est en jeu ici, c’est la justice sociale, la dignité humaine et le respect des droits fondamentaux. Nous appelons avec fermeté à l’ouverture immédiate d’une enquête indépendante et à la mise en place de mécanismes de protection pour ces jeunes travailleurs du lac Kivu.

La Rédaction