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Alors que des multinationales convoitent les ressources gazières du lac Kivu, les communautés riveraines tirent la sonnette d’alarme face à ce qu’elles qualifient de projets destructeurs et imposés sans leur consentement. Nous ne mangerons pas du gaz, nous n’avons pas besoin de leurs billets de banque, s’exclame un agriculteur de Minova, interrogé par Emmanuel Ndimwiza, en mission de terrain. Pour lui, comme pour tant d’autres, ces projets menacent directement leur mode de vie basé sur l’agriculture de subsistance, la pêche artisanale, et la gestion communautaire des terres. Le gaz méthane, censé être une ressource énergétique précieuse, est ici perçu comme un poison lent qui privera les générations futures de leurs moyens de survie.

Les pêcheurs d’Idjwi dénoncent l’accaparement silencieux du lac
Sur le littoral de l’île d’Idjwi, les pêcheurs expriment leur indignation. Pour eux, l’exploitation gazière déjà amorcée dans certaines zones du lac représente une catastrophe annoncée. Si vous touchez à l’équilibre du lac, vous tuez notre poisson. Et sans poisson, il n’y a plus de vie ici, avertit un vieux pêcheur, interrogé par Emmanuel Ndimwiza lors d’une visite d’investigation. Les équipements d’extraction, les zones interdites d’accès, les risques de fuites et de perturbations de l’écosystème aquatique créent une pression énorme sur la pêche artisanale. Ces acteurs, souvent marginalisés, dénoncent l’absence totale de consultation préalable et la complicité des autorités qui ferment les yeux au nom du développement.

Les insulaires craignent de perdre leurs terres et leurs repères
Dans les petits îlots du lac Kivu, des voix inquiètes montent contre la menace réelle de disparition de leurs territoires. Ces îles, pourtant habitées et cultivées depuis des siècles, risquent d’être déstabilisées par les travaux et mouvements du fond lacustre liés à l’exploitation du gaz. Si le lac est bouleversé, nos îlots peuvent s’effondrer ou être submergés. Où irons-nous ?, s’interroge un insulaire, rencontré par Emmanuel Ndimwiza lors de sa tournée journalistique. Ces communautés craignent de devenir des déplacés climatiques dans leur propre pays, pour un projet dont les bénéfices ne leur reviendront jamais. Elles appellent à une résistance collective, exigeant que les organisateurs choisissent : la vie des populations ou les profits des multinationales ?
La Rédaction