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Rutshuru : AJDES plaide pour l’autonomisation la population riveraine de la réserve naturelle de sarambwe

Voix du Paysan pour former et informer les citoyens : un engagement pour la justice sociale et climatique.

Située au cœur du massif des Virunga, à la frontière avec le célèbre Parc National de Bwindi en Ouganda, la réserve de Sarambwe a été officiellement reconnue en 2002 comme une aire protégée d’une importance capitale, abritant notamment plusieurs familles de gorilles de montagne. Cependant, malgré ce statut et la richesse écologique qu’elle représente, l’Association des Jeunes pour le Développement de Sarambwe (AJDES ASBL) dénonce une situation préoccupante : depuis des décennies, les communautés riveraines ne bénéficient toujours pas des retombées économiques et sociales promises par cette conservation.

Cette absence de bénéfices concrets pour les populations locales crée un déséquilibre et une frustration palpable. L’AJDES ASBL, forte de plus de 200 jeunes engagés dans la protection de l’environnement, insiste sur la nécessité d’un partenariat équitable avec les organisations environnementales. Au-delà de cette collaboration, l’association recommande vivement la mise en œuvre de projets communautaires à impact durable. Parmi ces initiatives prioritaires figurent la construction de routes de desserte agricole pour faciliter l’accès aux marchés, l’établissement de centres de santé et d’un hôpital de référence pour garantir des soins de qualité, ainsi que l’édification d’écoles modernes pour offrir un avenir meilleur aux jeunes de Sarambwe. Ces infrastructures sont jugées essentielles pour améliorer significativement les conditions de vie des habitants.

L’autonomisation de la population riveraine est perçue par l’AJDES ASBL comme un levier fondamental pour la préservation de la réserve naturelle de Sarambwe. En effet, en améliorant les conditions de vie et en offrant des alternatives économiques viables, on réduit la pression anthropique sur les ressources naturelles. Cette approche est cruciale pour épargner la réserve des menaces persistantes auxquelles elle est confrontée, notamment la déforestation, souvent liée à la recherche de terres agricoles ou de bois de chauffage, et le braconnage, qui décime la faune sauvage, y compris les espèces emblématiques comme les gorilles de montagne.

L’intégration des communautés dans les efforts de conservation n’est pas seulement une question de justice sociale ; c’est une stratégie environnementale éprouvée. Lorsque les populations locales perçoivent les avantages directs de la protection de leur environnement, elles deviennent les premiers gardiens de la biodiversité. L’AJDES ASBL souligne que sans cette implication et ce soutien, les efforts de conservation resteront fragiles et insuffisants face à l’ampleur des défis

Dans un contexte où les enjeux climatiques et environnementaux sont au cœur des préoccupations mondiales, cette association environnementale lance un appel pressant au gouvernement congolais. Elle plaide pour que la réserve de Sarambwe soit explicitement incluse parmi les priorités nationales qui seront présentées lors de la COP31, la 31ème Conférence des Parties sur le climat, prévue en novembre de cette année en Turquie. L’objectif est d’attirer l’attention internationale sur la situation critique de Sarambwe et d’obtenir des financements et des partenariats stratégiques pour sa sauvegarde.

L’urgence de la situation ne saurait être sous-estimée. Si les différentes alertes et recommandations concernant cette réserve naturelle, joyau du massif des Virunga, ne sont pas prises en considération avec la diligence requise, Sarambwe risque de perdre irréversiblement sa faune et sa flore dans un avenir très proche. La menace la plus emblématique est sans doute la disparition des gorilles de montagne, une espèce déjà gravement menacée et dont la survie dépend directement de la protection de son habitat.

La déforestation galopante et le braconnage incessant mettent en péril non seulement ces primates majestueux, mais aussi l’équilibre écologique de toute la région, avec des conséquences potentiellement désastreuses pour la biodiversité mondiale et les communautés locales qui en dépendent.

Anselme Syangoma

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