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RDC : la LUCHA dénonce une « indécence criminelle » face au débat sur la révision constitutionnelle et accuse le pouvoir de détourner l’attention de la crise sécuritaire dans l’Est du pays

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À Kinshasa, le débat autour d’une éventuelle révision constitutionnelle continue d’alimenter de vives tensions dans l’espace public congolais. Dans un communiqué publié le 9 mars 2026, le mouvement citoyen Lutte pour le Changement (LUCHA) a vivement critiqué l’idée d’ouvrir un chantier de réforme de la Constitution en République démocratique du Congo, estimant que cette initiative intervient dans un contexte national particulièrement préoccupant. Selon le mouvement, l’urgence du moment ne réside pas dans la modification de la loi fondamentale, mais plutôt dans la gestion de la crise sécuritaire qui continue de ravager plusieurs provinces de l’Est du pays. La LUCHA évoque un climat d’intolérance politique et ce qu’elle qualifie de « terreur intellectuelle », dénonçant les pressions et intimidations exercées, selon elle, contre les voix critiques. Pour cette organisation citoyenne, la priorité absolue devrait être la protection des populations et la restauration de l’autorité de l’État dans les zones frappées par les violences armées.

Une révision constitutionnelle jugée inopportune face à l’urgence sécuritaire

Dans son analyse, la LUCHA considère que l’ouverture d’un débat sur la révision de la Constitution apparaît profondément décalée au regard de la gravité de la situation sécuritaire dans l’Est du pays, notamment dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri. Ces régions continuent d’être le théâtre d’affrontements armés, de massacres de civils et de déplacements massifs de populations. Le mouvement pointe notamment la persistance des combats dans la partie Est de la RDC. Dans ce contexte, la LUCHA estime que toute initiative visant à réformer la Constitution pourrait être perçue comme une tentative de détourner l’attention des véritables priorités nationales. Pour ses responsables, l’effort politique et institutionnel devrait d’abord se concentrer sur la libération des territoires occupés, la protection des civils et la restauration de la dignité des populations victimes des violences.

La Constitution au cœur d’un débat sur l’avenir démocratique

Au-delà de la conjoncture sécuritaire, le mouvement citoyen met également en garde contre toute tentative d’instrumentalisation de la Constitution à des fins politiques. Sans détour, la LUCHA évoque le risque d’un glissement institutionnel qui pourrait, selon elle, profiter au président Félix Tshisekedi en modifiant l’équilibre des institutions ou les règles relatives à l’exercice du pouvoir. Le mouvement rappelle que la Constitution constitue avant tout un pacte républicain entre les citoyens et l’État, et non un instrument susceptible d’être remodelé pour servir des intérêts politiques particuliers. S’appuyant sur l’article 64 de la Constitution congolaise, la LUCHA souligne que chaque citoyen a le devoir de s’opposer à toute prise ou exercice du pouvoir qui violerait les dispositions constitutionnelles. Face à ce qu’elle qualifie de dérive autoritaire, l’organisation appelle à un dialogue national sincère afin d’aborder de manière responsable la crise sécuritaire et les fragilités institutionnelles du pays, tout en affirmant sa détermination à défendre les acquis démocratiques et la souveraineté du peuple congolais.

La Rédaction

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