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La coalition Le Congo n’est pas à vendre (CNPAV) a salué l’annonce du lancement d’un audit technique et financier approfondi de la convention sino-congolaise Sicomines par l’Agence de Pilotage et de Suivi des Conventions (APCSC), estimant que cette initiative pourrait marquer une étape importante dans la clarification d’un partenariat minier qui suscite depuis longtemps de nombreuses interrogations en République démocratique du Congo. Dans un communiqué rendu public à Kinshasa le 9 mars 2026, la coalition rappelle qu’elle plaide depuis plus d’une décennie pour un examen approfondi de cette convention souvent qualifiée de « contrat du siècle ». Selon elle, cet audit doit permettre d’analyser en profondeur toutes les composantes du projet, notamment les dimensions minières, énergétiques, financières, fiscales et infrastructurelles, afin d’évaluer de manière indépendante l’impact réel de cet accord sur l’économie nationale et la gestion des ressources naturelles du pays. Pour les organisations membres du CNPAV, cette démarche représente une occasion de lever enfin le voile sur les mécanismes de fonctionnement du partenariat et d’ouvrir un débat public plus transparent autour de la gouvernance des richesses minières congolaises.

Des zones d’ombre à éclaircir dans la gestion du projet
La coalition insiste cependant sur le fait que cet audit devra s’intéresser de manière rigoureuse aux nombreuses zones d’ombre qui entourent la négociation et la mise en œuvre de la convention. Parmi les aspects jugés sensibles figurent notamment le financement des infrastructures promises dans le cadre du partenariat, les modalités d’attribution des licences minières ainsi que le développement du projet hydroélectrique du Barrage de Busanga, considéré comme un élément clé du dispositif énergétique lié à Sicomines. Le CNPAV évoque également les controverses liées au paiement de 22,5 millions de dollars américains de jetons de présence accordés aux membres de l’ancienne commission chargée de la renégociation de la convention, une question qui, selon la coalition, mérite d’être examinée avec attention afin d’établir les responsabilités en cas de soupçons de corruption ou de mauvaise gestion. Pour la coalition, un audit crédible ne doit pas seulement analyser les chiffres, mais aussi permettre d’évaluer la transparence et la légalité des décisions qui ont jalonné la mise en œuvre de ce partenariat stratégique pour le pays.

Un appel à la transparence et à un véritable contrôle citoyen
Au-delà de l’examen technique et financier, la coalition Le Congo n’est pas à vendre insiste sur la nécessité de rendre publics les résultats de cet audit afin de garantir un véritable contrôle citoyen et d’alimenter un débat national sur la gestion des ressources naturelles en République démocratique du Congo. Elle estime qu’une telle démarche contribuerait à restaurer la confiance entre les institutions publiques et la population, tout en permettant de s’assurer que les retombées économiques du partenariat profitent réellement au développement du pays et au bien-être des citoyens. Dans le communiqué, le porte-parole du CNPAV, Jean Claude Mputu, souligne que cet audit ne doit pas être une simple formalité administrative, mais plutôt le point de départ d’un rééquilibrage des intérêts afin que les richesses naturelles congolaises bénéficient davantage au peuple. La coalition appelle également à ce que le processus soit conduit de manière totalement indépendante et conforme aux standards internationaux de transparence, notamment ceux promus par l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE), tout en recommandant que le coût de l’audit soit pris en charge par le Trésor public afin d’en garantir l’impartialité et la crédibilité.
La Rédaction