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Un contentieux sans équivalent en Afrique de l’Est
Un tournant majeur s’ouvre devant la Cour de justice de la Communauté d’Afrique de l’Est avec l’enregistrement de l’Affaire n°47/2025, introduite par l’Alerte Congolaise pour l’Environnement et les Droits de l’Homme (ACEDH) et appuyée par la campagne Notre Terre Sans Pétrole. La plainte met en cause la RDC, l’Ouganda et le Secrétariat général de l’EAC pour leur rôle présumé dans une crise écologique sans précédent touchant les lacs Albert et Édouard. Depuis septembre 2025, les communautés riveraines alertent sur une chute brutale et inexpliquée des prises de poissons, une situation confirmée par une étude internationale établissant un lien direct avec les plateformes pétrolières Tilenga et Kingfisher.
Des violations régionales et environnementales documentées d’une gouvernance défaillante et des populations ignorées
Au cœur de la plainte déposée par l’ACEDH figurent des manquements jugés graves au Traité de l’EAC : absence totale de consultation des communautés congolaises, défaut d’études d’impact environnemental côté RDC et manque de coopération transfrontalière pour prévenir les risques industriels. Tandis que les populations ougandaises ont été informées des activités pétrolières, les communautés congolaises ont été tenues à l’écart, en contradiction avec les droits humains et environnementaux défendus par Notre Terre Sans Pétrole.
Des écosystèmes d’importance mondiale menacés et un péril direct pour les Virunga et les lacs du Rift Albertin
Les requérants dénoncent la menace croissante pesant sur des zones écologiques classées, dont le Parc national des Virunga et les zones humides Ramsar. Les phénomènes d’eutrophisation et la contamination chimique observés dans les lacs frontaliers compromettent la sécurité alimentaire de millions de personnes et violent les principes de précaution et de prévention. Selon l’ACEDH, l’inaction de l’État congolais et le manque de contrôle régional ont exposé les communautés de pêcheurs à des risques majeurs sans garanties de protection.
Une demande de justice climatique et de réparations pour un appel à l’arrêt des pollutions et au principe du pollueur-payeur
Les plaignants réclament l’arrêt immédiat des activités polluantes, un audit environnemental indépendant et des réparations intégrales en faveur des communautés touchées. Pour l’ACEDH et la campagne Notre Terre Sans Pétrole, ce procès n’est pas seulement un recours juridique : il s’agit d’une bataille pour l’avenir climatique de la région et la survie d’écosystèmes uniques. Ils appellent la Cour à faire respecter le principe du pollueur-payeur et demandent des mesures de sécurité pour les acteurs impliqués dans cette action emblématique de justice environnementale.
La Rédaction