Voix du Paysan pour former et informer les citoyens : un engagement pour la justice sociale et climatique.
Dans la localité de Nyabibwe, située dans le groupement de Mbinga-Nord, territoire de Kalehe au Sud-Kivu, une activité de sensibilisation d’envergure s’est tenue le mardi 10 mars 2026 à l’initiative de Union des Femmes pour la Non Marginalisation, en collaboration avec le caucus des femmes. Cette rencontre, organisée dans le cadre du mois dédié à la promotion des droits des femmes, visait à analyser en profondeur la situation socio-économique des femmes vivant dans et autour des sites miniers, un environnement souvent marqué par la précarité, la pression économique et de multiples vulnérabilités. Les participantes ont échangé sur les réalités auxquelles elles font face au quotidien, notamment les charges familiales lourdes, les difficultés d’accès à des revenus stables et la dépendance à des activités économiques fragiles. À travers ce dialogue communautaire, les organisateurs ont cherché à identifier des pistes concrètes pour renforcer la résilience économique des femmes et promouvoir une gestion plus responsable des Activités Génératrices de Revenus (AGR), considérées comme un levier essentiel d’autonomisation dans ces zones fortement influencées par l’économie minière.

Un contexte de surendettement qui fragilise la dignité des femmes
Les discussions ont mis en lumière une réalité préoccupante : plusieurs femmes de la région se retrouvent confrontées à des situations de surendettement qui, dans certains cas, conduisent même à des arrestations pour dettes non remboursées. Selon les analyses présentées par les organisateurs, cette situation découle principalement des responsabilités familiales importantes assumées par les femmes, combinées à l’instabilité des revenus générés par leurs petites activités économiques. Dans ces conditions, les femmes se retrouvent souvent prises dans un cycle d’endettement difficile à briser, ce qui entraîne non seulement des difficultés financières, mais aussi des conséquences sociales et psychologiques. Plusieurs participantes ont souligné que ces pressions économiques peuvent affecter la dignité, la confiance en soi et le respect dont les femmes bénéficient au sein de leurs communautés. Face à ce constat, la rencontre a permis d’ouvrir un espace de réflexion collective sur la nécessité de promouvoir des pratiques financières plus responsables, tout en renforçant la solidarité entre femmes pour éviter que certaines ne sombrent dans des situations de vulnérabilité extrême.

Sensibilisation et stratégies pour une autonomisation économique durable
Au-delà du diagnostic, l’activité s’est également voulue un cadre de formation et de mobilisation pour encourager les femmes à adopter des stratégies de gestion plus efficaces de leurs Activités Génératrices de Revenus. La coordinatrice de l’UFNM, Neema Shamwami Solange, a rappelé que cette initiative vise à aider les femmes à mieux organiser leurs activités économiques, à éviter les emprunts excessifs et à construire progressivement une autonomie financière durable. Les participantes ont ainsi été sensibilisées à l’importance de la planification financière, de l’épargne et de la gestion responsable des ressources issues de leurs activités. L’enthousiasme manifesté par les femmes présentes témoigne de l’importance de telles initiatives dans les communautés locales. Parmi elles, Zawadi Matembera s’est dite particulièrement satisfaite de la rencontre et a encouragé d’autres femmes à rejoindre cette dynamique collective qui vise non seulement à améliorer les conditions de vie des femmes, mais aussi à promouvoir les droits humains et l’égalité des chances en République démocratique du Congo. Par cette démarche, l’UFNM espère contribuer à bâtir une base solide d’autonomisation économique féminine dans les zones minières, où les défis sociaux et économiques restent nombreux.
La Rédaction