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Les Fake News et les conflits armés en RDC : un danger silencieux pour la paix sociale: analyse de Valet Chebujongo, Mobilisateur

Voix du Paysan pour former et informer les citoyens : un engagement pour la justice sociale et climatique.

Dans un contexte de guerre, l’information devient une arme. Et lorsqu’elle est falsifiée, elle peut blesser, tuer et diviser des communautés entières. Alors que le conflit entre les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) et les groupes armés fait rage, les réseaux sociaux se transforment en un champ de bataille virtuel où la vérité est souvent sacrifiée au profit d’intérêts partisans.

Depuis plusieurs mois, des images et vidéos virales circulent sur des plateformes telles que Facebook, WhatsApp, TikTok et X (anciennement Twitter), prétendant révéler des « vérités » sur les acteurs du conflit insiste ce Mobilisateur communautaire Valet Chebujongo, Mobilisateur Communautaire.

En réalité, ces publications sont souvent mensongères, manipulées et partagées dans le but de tromper l’opinion publique, de diviser la population ou, pire encore, de désigner des cibles à éliminer.

Des conséquences tragiques sur le terrain

Dans plusieurs villes du pays, notamment à Kinshasa, Lubumbashi, Goma, Beni ou Butembo des personnes ont été injustement prises pour cibles après avoir été accusées à tort sur les réseaux sociaux de soutenir l’un ou l’autre camp. Ces accusations ont conduit à des lynchages, des arrestations arbitraires, voire des assassinats.

Ces faits démontrent que la désinformation n’est pas un simple « buzz » numérique : c’est un moteur réel de violences et de fractures sociales.
En tant que Mobilisateur Communautaire, je consulte chaque jour des messages, images et vidéos qui circulent sur les réseaux sociaux. Je prends le temps de vérifier leur authenticité à l’aide d’applications mobiles spécialisées. Il n’est pas rare de découvrir que certaines vidéos proviennent d’Ukraine, d’Ouganda ou d’autres pays, et sont datées de plusieurs mois, voire d’années.


Face à ce constat alarmant, j’ai pris l’initiative de sensibiliser les jeunes à faire preuve de vigilance et à développer un esprit critique face aux fake news.

Les réseaux sociaux : entre outil de sensibilisation et machine à rumeurs. Il serait injuste de diaboliser les réseaux sociaux dans leur ensemble. Ils représentent un formidable moyen de mobilisation citoyenne, de sensibilisation et de diffusion d’informations essentielles, notamment en période de crise ; et surtout, avec 1G soit 1$ USD, on peut envoyer/recevoir plusieurs messages à plusieurs personnes au même moment. Cependant, leur mauvaise utilisation, souvent motivée par des intérêts politiques, économiques ou ethniques les transforme en instruments de désinformation et de haine. Il est donc essentiel de comprendre que chaque message diffusé a un impact.

Lorsqu’il est faux, cet impact peut être destructeur : peut provoquer la peur, tension communautaire, violence.


Comment lutter contre les fake news ?


Face à cette menace silencieuse, nous devons renforcer notre responsabilité collective. Voici quelques principes fondamentaux que je partage régulièrement avec les utilisateurs des réseaux sociaux :
Vérifier avant de partager : toujours s’assurer de la fiabilité de l’information ;
Consulter plusieurs sources : ne jamais se contenter d’une seule version des faits ;
Analyser le contenu : se poser des questions sur l’auteur, l’intention et le ton du message ;
Signaler les fake news : sur les plateformes numériques, mais aussi auprès des autorités locales ou leaders communautaires ;
Sensibiliser son entourage : encourager les jeunes et les adultes à adopter un esprit critique face à l’information. Une responsabilité collective pour la paix.

La lutte contre les fake news ne relève pas uniquement des journalistes ou des autorités, moins encore les DDH. Elle nous concerne tous. Chaque citoyen, chaque internaute, chaque parent ou jeune peut devenir un acteur de paix… ou un relais involontaire de conflits. Le choix nous appartient.
En tant que Mobilisateur Communautaire, je lance un appel à mes compatriotes : ne devenons pas complices de la haine. Utilisons nos téléphones pour éduquer, pour unir, et pour construire. Car la paix commence aussi… par une information juste et vérifier.

La Rédaction

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