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Imposer le franc congolais par la loi ou restaurer la confiance dans la monnaie : le véritable défi derrière les sanctions prévues contre les paiements en devises

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L’adoption d’une loi prévoyant jusqu’à trois mois de prison pour les contrevenants à l’obligation de paiement en francs congolais marque un tournant dans la politique monétaire de la République démocratique du Congo. En cherchant à renforcer la place de la monnaie nationale, le législateur envoie un signal fort : la souveraineté économique ne peut durablement coexister avec une dollarisation qui fragilise l’autorité de l’État.

Mais une monnaie ne retrouve pas sa crédibilité uniquement par la contrainte. Si les citoyens, les propriétaires et les opérateurs économiques continuent de privilégier les devises étrangères, c’est d’abord en raison de décennies d’instabilité, d’inflation et de perte de confiance. La menace de sanctions pénales ne suffira pas à elle seule à inverser ces comportements profondément ancrés.

Le véritable test de cette réforme sera donc son application. Une mise en œuvre sélective ou arbitraire risquerait d’alimenter davantage le marché informel et de créer de nouvelles tensions entre l’administration et les acteurs économiques. À l’inverse, des politiques cohérentes de stabilité macroéconomique et de protection du pouvoir d’achat donneraient au franc congolais les fondements que la loi, à elle seule, ne peut offrir.

Cette réforme ouvre ainsi un débat bien plus large que celui des loyers ou des transactions commerciales. Elle pose une question essentielle : un État peut-il imposer la confiance dans sa monnaie par des sanctions, ou cette confiance doit-elle d’abord être gagnée par une gouvernance économique crédible, prévisible et durable ? C’est de la réponse à cette question que dépendra le succès réel de cette ambitieuse réforme.

Emmanuel Ndimwiza
Éditeur- Voix du Paysan

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