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Centrafrique : La Fédération Centrafricaine de Football tire la sonnette d’alarme contre une initiative privée hors cadre institutionnel

Dans un contexte où le football centrafricain tente encore de se structurer, l’initiative d’une entité privée visant à organiser un « Ballon d’Or centrafricain » soulève une vive inquiétude au sein des instances sportives nationales. Présentée comme une démarche indépendante et apolitique, cette initiative n’en demeure pas moins une manœuvre illégitime. En contournant délibérément la Fédération Centrafricaine de Football (FCF), seule autorité reconnue en matière d’organisation footballistique, ses promoteurs remettent en cause les principes fondamentaux de régulation du sport en République centrafricaine. Aucune instance sérieuse ne peut tolérer une telle usurpation d’un symbole aussi fort que la reconnaissance nationale d’un joueur.

L’argument selon lequel la Fédération aurait été simplement « informée » ne tient pas. Dans toute organisation structurée, il ne suffit pas d’informer : il faut consulter, obtenir un accord formel et construire ensemble. Or, la FCF, en l’espèce, n’a jamais été ni partenaire ni caution de cette initiative. Sa demande de suspension immédiate est donc légitime et s’inscrit dans une démarche de préservation de l’autorité institutionnelle. À une époque où le sport centrafricain a besoin d’unité et de crédibilité, autoriser une cérémonie parallèle reviendrait à légitimer l’anarchie organisationnelle.

Pire encore, les comparaisons tirées avec des trophées comme le Ballon d’Or de France Football ou les distinctions UNFP en France relèvent d’une méconnaissance inquiétante du contexte. Ces prix s’inscrivent dans des environnements où les institutions sportives sont solides, transparentes et dotées de mécanismes de contrôle reconnus. Ce n’est pas le cas en Centrafrique, où chaque initiative liée au football national doit impérativement s’appuyer sur les structures officielles existantes. Copier un modèle sans en respecter les fondements, c’est saboter toute tentative de construction durable.

Il apparaît ainsi que cette initiative ne relève pas d’un élan pour le bien commun, mais bien d’une opération privée aux relents commerciaux et médiatiques. Le football centrafricain, bien plus qu’un terrain d’expérimentations individuelles, est un patrimoine collectif, qui exige rigueur, transparence et inclusion institutionnelle. La reconnaissance des talents nationaux est une cause noble, mais elle doit se faire dans le respect des règles établies, au service de tous, et non à la gloire de quelques-uns. La Fédération Centrafricaine de Football a raison : le football n’a pas besoin de dérives spectaculaires, mais d’ordre, de vision et d’unité.

La Rédaction

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