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Bukavu : AAP SK et l’UNICEF renforcent les capacités de leurs équipes sur la redevabilité et la prévention des abus sexuels

Voix du Paysan pour former et informer les citoyens : un engagement pour la justice sociale et climatique.

L’Agence d’Achat des Performances Sud-Kivu (AAP SK), avec l’appui de son partenaire financier, l’UNICEF, a organisé une séance de briefing consacrée à la redevabilité envers les populations affectées, à la participation communautaire et à la prévention de l’exploitation et des abus sexuels dans les interventions humanitaires. Cette activité s’est tenue dans la grande salle de l’AAP SK, située à Labotte dans la commune d’Ibanda, à Bukavu.

Renforcer les capacités opérationnelles et éthiques du personnel, des partenaires et des acteurs clés du projet afin d’ancrer une culture de tolérance zéro contre les exploitations et abus sexuels  (EAS) , d’opérationnaliser la Redevabilité envers les Populations Affectées (AAP) sensible au genre, et d’assurer une coordination multisectorielle efficace au niveau des zones d’interventions.

Cette rencontre a réuni le personnel de l’AAP SK ainsi que ses partenaires autour de deux thématiques majeures : la redevabilité envers les populations affectées et la prévention de l’exploitation et des abus sexuels. Les échanges ont notamment porté sur l’intégration de la participation communautaire dans les différentes phases du cycle de gestion des programmes, ainsi que sur le renforcement des mécanismes de prévention, de signalement et de réponse aux incidents.

La redevabilité, un pilier de la qualité des interventions humanitaires

Intervenant sur la question de la redevabilité, Monsieur Aimé KASEREKA, Chargé de communication UNICEF et GT-AAP , a mis en lumière l’importance de placer les populations au centre de l’action humanitaire. La redevabilité ne se limite pas à la transmission des informations aux bénéficiaires ; elle implique également l’écoute de leurs préoccupations, la prise en compte de leurs besoins et la responsabilité des acteurs dans la mise en œuvre des interventions.

Le cadre de réflexion s’est articulé autour de trois Composantes : prendre en compte, rendre compte et tenir pour compte.

Prendre en compte renvoie à l’écoute active des communautés, à la collecte de leurs avis et à l’intégration de leurs besoins et priorités dans la conception et l’exécution des programmes.

Rendre compte consiste à communiquer de manière transparente sur les objectifs des interventions, les ressources mobilisées, les résultats obtenus ainsi que les difficultés rencontrées. Cette démarche permet aux communautés de comprendre les actions menées en leur faveur et de participer de façon éclairée.

Enfin, tenir pour compte renvoie à l’obligation de responsabilité des acteurs, notamment en permettant aux communautés affectées d’évaluer et de commenter la performance et les comportements des humanitaires.

Dans cette perspective,   La redevabilité implique d’écouter les communautés, de leur fournir des informations claires sur les interventions et de donner suite à leurs préoccupations. Elle contribue à instaurer un climat de confiance entre les acteurs humanitaires et les populations bénéficiaires, ainsi les Messages clés sont les suivants :
– Une information non partagée crée des tensions.
– Une communauté qui parle sans être écoutée finit par se taire ou se révolter.
– Un programme réussi est celui que la communauté reconnait comme le sien.

Les participants ont ainsi été sensibilisés à l’importance de mettre en place des canaux de communication accessibles, des mécanismes de gestion des plaintes et des dispositifs de retour d’information permettant aux bénéficiaires de s’exprimer en toute sécurité.

La prise en compte des avis des communautés constitue, à cet égard, un levier essentiel pour améliorer la pertinence des activités, prévenir les incompréhensions et renforcer l’appropriation locale des interventions.

Le second volet du briefing a porté sur la prévention de l’exploitation, et des abus et harcèlements sexuels, une exigence fondamentale dans le domaine humanitaire. Monsieur Joseph MARHEGANE expert en PEASH, intervenant sur cette thématique, a abordé les enjeux liés à la prévention des comportements abusifs, à la protection des bénéficiaires et au respect des normes de conduite applicables au personnel et aux partenaires.

La prévention de l’exploitation et des abus sexuels, couramment désignée par le sigle PEAS, vise notamment à empêcher qu’une personne en position d’autorité ou disposant d’un pouvoir lié à l’assistance ne profite de cette position pour obtenir des faveurs sexuelles ou commettre des actes abusifs, D’où le concept « privilège-vulnérabilité ».

Le briefing a également permis de rappeler l’importance de distinguer les comportements interdits, de connaître les voies de signalement et d’adopter une conduite appropriée face à toute suspicion ou révélation d’exploitation, d’abus ou de harcèlement sexuel.

Une attention particulière a été accordée à la nécessité de garantir la confidentialité, de protéger les personnes qui signalent des incidents contre les représailles et d’orienter les survivantes et survivants vers des services adaptés, dans le respect de leur dignité, de leur sécurité et de leurs choix.

« La prévention de l’exploitation et des abus sexuels est une responsabilité qui incombe à chaque membre du personnel et à chaque partenaire. Chacun doit connaître les règles de conduite, savoir comment signaler un incident et contribuer à créer un environnement sûr pour les communautés que nous servons a souligné Joseph MARHEGANE »

C’est ainsi que les 6 principes clés PSEA devraient être de stricte observation, notamment :

1. Tolérance zéro ; Pas de nouvelle chance pour les cas d’inconduite sexuelle.
2. Pas de sexe avec les mineures qu’importe l’âge.
3. Ne pas soudoyer, ni corrompre quelqu’un pour le sexe.
4. Pas de sexe avec les bénéficiaires directs ou indirects.
5. Obligation de signaler toute suspicion d’EAS.
6. Décourager l’EAS autour de nous : sensibiliser sur l’EAS et cultiver un environnement non favorable à l’EAS.

L’Agence d’Achat des performances AAP SK réaffirme son engagement en faveur de la transparence et de la protection.

Prenant part à cette activité, Monsieur Aristote MUDEKEREZA, Directeur Exécutif de l’Agence d’Achat des Performances Sud-Kivu, a été associé à une démarche visant à renforcer les pratiques institutionnelles en matière de redevabilité, d’intégrité et de protection des bénéficiaires.

Pour une organisation intervenant dans le secteur du développement et de l’humanitaire, l’application des principes de redevabilité et des mesures de prévention des abus constitue un élément déterminant de la qualité des services, de la confiance des communautés et de la crédibilité institutionnelle.

« À travers ce briefing, l’AAP SK entend renforcer les capacités de son personnel et de ses partenaires afin que la redevabilité, la participation communautaire et la protection contre toute forme d’exploitation ou d’abus soient intégrées dans les pratiques quotidiennes de mise en œuvre des programmes renchéri Aristote MUDEKEREZA. »

Les membres du personnel et les partenaires de l’AAP SK ont pris part aux échanges autour des responsabilités individuelles et collectives liées à la redevabilité et à la prévention des abus. Leurs contributions ont permis de mettre en évidence l’importance de transformer les connaissances acquises en comportements professionnels responsables.

« Cette séance nous rappelle que notre responsabilité ne se limite pas à réaliser les activités prévues. Nous devons aussi écouter les bénéficiaires, répondre à leurs préoccupations et veiller à ce que chaque intervention respecte leur dignité et leur sécurité précise un participant. »

Au terme de ce briefing, l’enjeu demeure la mise en pratique des principes abordés au sein des équipes et dans l’ensemble des interventions de l’Agence d’Achat des performances AAP SK. La redevabilité, l’engagement communautaire et la prévention de l’exploitation et des abus sexuels ne doivent pas être considérés comme de simples exigences administratives, mais comme des obligations professionnelles et éthiques.

En associant le renforcement des capacités à une meilleure écoute des communautés et à des mécanismes de protection appropriés, l’AAP SK et son partenaire financier, l’UNICEF, contribuent à promouvoir une approche plus transparente, inclusive et respectueuse des droits des populations.

Albert CINYABUGUMA

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