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Face à la baisse des stocks halieutiques dans le lac Kivu, l’élevage de poissons en cages flottantes est apparu comme une alternative prometteuse pour renforcer la sécurité alimentaire et stimuler l’économie locale. Cette pratique, de plus en plus répandue dans les eaux congolaises du lac, consiste à élever des espèces comme le tilapia dans des cages métalliques ou en filet flottant. Toutefois, si cette aquaculture semble bénéfique à court terme, elle soulève des inquiétudes croissantes sur la santé écologique du lac. À travers son programme de plaidoyer environnemental, www.dec-rdc.org est allé à la rencontre de chercheurs, de scientifiques, de pêcheurs et de communautés riveraines pour mieux comprendre les enjeux.

Un déséquilibre des écosystèmes lacustres en progression
Les experts interrogés s’accordent sur un constat : les cages flottantes modifient les équilibres naturels du lac. La surconcentration de poissons dans des espaces restreints entraîne une accumulation de déchets organiques, de restes de nourriture et de matières fécales, ce qui perturbe l’oxygénation des eaux et favorise la prolifération d’algues toxiques. Ces perturbations peuvent nuire aux espèces indigènes et affecter les chaînes alimentaires aquatiques, compromettant ainsi la biodiversité unique du lac Kivu.

Des impacts socio-économiques contrastés pour les communautés riveraines
Si certains pêcheurs saluent cette pratique pour les revenus qu’elle génère, d’autres dénoncent une concurrence déloyale et la privatisation progressive de zones autrefois libres d’accès. Les communautés traditionnelles de pêche voient leurs zones de travail réduites, tandis que les jeunes aquaculteurs peinent à accéder aux moyens techniques nécessaires pour se lancer dans cette activité. Ce déséquilibre nourrit des tensions sociales et questionne la répartition équitable des bénéfices issus de cette nouvelle filière.

Vers une régulation durable et participative de l’aquaculture
Les scientifiques rencontrés par www.dec-rdc.org recommandent une régulation plus stricte de l’élevage en cages, avec des études d’impact environnemental systématiques et l’implication des communautés dans les décisions. Il est urgent de trouver un équilibre entre développement économique et préservation de l’écosystème fragile du lac Kivu. Seule une gouvernance inclusive et écologique permettra d’assurer la durabilité de cette pratique sans compromettre la biodiversité aquatique et les moyens de subsistance des riverains.
La Rédaction