Voix du Paysan
C’était ce Samedi 4 janvier 2025 que Primate Expertise et la Fondation Kahimano pour le développement FOKAD en sigle en collaboration avec la Chefferie Ntambuka que les activités ont été lancées dans la Chefferie Ntambuka.
Dans un discours de l’honorable Mwami Ntambuka, nous avons retenu cet appel ardent de la conservation de l’environnement, la protection des singes bleus de Bulolero, le respect de ces singes pour le bien être collectif non seulement du territoire insulaire d’idjwi, de la province du Sud-Kivu mais aussi de la RDC et du monde entier.

S’il est largement établi que la recherche scientifique éclaire les prises de décisions pour la gestion durable des ressources naturelles, les mécanismes de transformation des résultats de recherche en actions de conservation ne sont documentés que de façon parcellaire.
La Fondation Kahimano pour le développement FOKAD se propose de décrire un modèle qui établit les liens entre différents types de recherche scientifique et les principales fonctions de gestion de cette aire protégée dans le territoire insulaired’idjwi. Le programme de conservation communautaire de la réserve de Nyamusisi au centre du territoire insulaire d’idjwi servira d’étude de cas pour la Fondation Kahimano pour le développement FOKAD.
Une aire protégée de 100 hectares a été identifiée comme étant un site hautement prioritaire pour la conservation des primates dans le territoire insulaire d’idjwi. Lancé vers les années 2014, le programme de conservation communautaire des singes bleus de Bulolero respectivement dans les villages de Buhoro2 et Kisheke, dans les groupements Bugarula et Mugote, dans le territoire insulaire d’idjwi au Sud-Kivu, affirme l’Administrateur du territoire d’Idjwi Mamboleo Ngirumpatse Mustapha.
Dans ce programme, la recherche transdisciplinaire guide les différentes actions et vice-versa dans un processus itératif, les sciences biologiques, sociales et économiques sont utilisées pour éclairer les décisions de gestion et les actions de conservation communautaire de cette aire protégée. Ce modèle a contribué au succès du programme, qui est de plus en plus considéré comme un modèle de responsabilisation des communautés rurales pour la durabilité de la conservation des sites et des espèces à haute valeur pour la conservation.

Peut-il être adapté à n’importe quel type de programme de conservation
Et de continuer, l’Administrateur du territoire estime que les singes bleus, grands singes dans le territoire insulaire d’idjwi en République Démocratique du Congo, est menacé par le braconnage, la dégradation de son habitat de Nyamusisi et les maladies de tout genre.
La conservation intégrale implique souvent un manque d’appropriation locale, ce qui engendre les plus souvent des conflits.
Notons que l’ONG Primate Expertise (PEx) est une organisation non gouvernementale dédiée à la recherche, l’éducation et la conservation des primates non-humains en Afrique Centrale, spécialement en République Démocratique du Congo a développé une nouvelle stratégie intégrative pour la protection des primates dans le Territoire insulaire d’idjwi au Sud-Kivu.
Celle-ci est basée sur la prise en compte des us et coutumes locales qui interdisent la chasse et la consommation de la viande des primates et confèrent aux singes bleus un statut particulier.
En effet, dans certaines coutumes les singes bleus est considéré comme un congénère qui s’est enfuit dans la forêt pour échapper à une dette. Dans un deuxième temps, l’approche de Primate Expertise (PEx) devrait s’appuyer également sur un nouvel outil de gestion des forêts, les Concessions Forestières des Communautés Locales (CFCL) suivant l’article 22 du code forestier Congolais.
Ainsi, depuis 2010, cette approche intégrant les communautés locales a permis à six communautés de s’engager dans un processus de protection de 50 000 hectares de forêt où vivent environ 755 bonobos ; et où sont menées des activités de suivi des bonobos pour la recherche et l’écotourisme.
Cette approche a créé des émules chez les autres communautés qui, sollicitent son accompagnement dans le processus. Ainsi, ce cas d’étude permet de repenser les processus de conservation en Afrique Centrale en cherchant à utiliser de nouveaux outils juridiques et culturels favorisant la coexistence entre les primates non humains et les humains.
Emmanuel Ndimwiza