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Goma : sur les rives du lac Kivu, les dockers veulent faire du travail un rempart contre la pauvreté

Voix du Paysan pour former et informer les citoyens : un engagement pour la justice sociale et climatique.

Face au chômage et à la précarité qui fragilisent les ménages, la Synergie UJDC-ASDLAKI lance un appel à la mobilisation autour des activités portuaires. Une initiative qui place le travail, la solidarité et la dignité humaine au cœur de la lutte contre l’insécurité alimentaire.

À Goma, où la précarité économique impose à de nombreuses familles une bataille quotidienne pour survivre, chaque opportunité de travail mérite d’être prise au sérieux. À l’issue d’un échange de travail entre le maire de la ville et Honorable Charles Muhara Kamwangamucele, coordinateur national de la Synergie des associations des dockers UJDC-ASDLAKI, un message se dessine : faire des activités portuaires un levier de lutte contre la pauvreté. Au-delà des rencontres institutionnelles, la question est simple, mais pressante : comment permettre aux habitants de retrouver des revenus dans un environnement où les besoins élémentaires deviennent parfois un luxe ?

Dans une interview accordée à plusieurs médias locaux, le coordinateur national a lancé un appel à toutes les personnes sans emploi de Goma et de ses environs, sans distinction de sexe ni de condition sociale. Mamans, papas, jeunes filles et jeunes garçons sont invités à rejoindre la synergie pour participer aux opérations de déchargement de matériaux de construction, notamment le sable. Les activités sont annoncées dans plusieurs installations portuaires, dont Kinyumba, Mater Dei, Bosco Lac et le port public Bisengimana. Ici, le travail manuel est présenté non comme une activité de dernier recours, mais comme une possibilité concrète de contribuer aux dépenses du ménage et de reconquérir une part d’autonomie.

Mais derrière cet appel se cache une réalité plus profonde : le chômage n’est pas seulement une statistique, c’est une assiette qui se vide, un enfant dont les besoins scolaires restent insatisfaits et un parent contraint de compter chaque pièce avant de rentrer à la maison. Dans une ville éprouvée par les crises et les incertitudes, l’accès à une activité rémunératrice peut constituer une bouffée d’oxygène. Encore faut-il que les possibilités offertes soient suffisamment organisées, que les conditions de travail soient dignes et que la rémunération soit claire. Car lutter contre la pauvreté ne consiste pas uniquement à mobiliser des bras ; il faut aussi protéger les travailleurs et garantir que leurs efforts se traduisent réellement par une amélioration de leurs conditions de vie.

L’initiative de l’UJDC-ASDLAKI interpelle également les autorités urbaines, les opérateurs portuaires et les acteurs économiques. Si les ports du lac Kivu participent à la circulation des marchandises et à l’approvisionnement de la ville, ils peuvent aussi contribuer davantage à l’inclusion économique des communautés riveraines. Pourquoi laisser tant de personnes sans perspectives lorsque certaines activités nécessitent une main-d’œuvre disponible ? Toutefois, la mobilisation ne saurait être une fin en soi : il appartient aux responsables concernés de préciser les modalités d’adhésion, les tâches proposées, les conditions de sécurité et les mécanismes de paiement. L’emploi ne doit pas se résumer à une promesse ; il doit devenir une réalité vérifiable, encadrée et respectueuse de la dignité humaine.

Au fond, l’appel de Charles Muhara Kamwangamucele pose une question essentielle à toute la société gomatracienne : combien de familles pourraient retrouver un peu d’espoir si les opportunités de travail étaient mieux organisées et plus accessibles ? La lutte contre l’insécurité alimentaire exige des réponses concrètes, au-delà des discours et des déclarations de circonstance. Aux habitants en quête d’une activité, la synergie adresse une invitation ; aux autorités et aux responsables économiques, elle rappelle une responsabilité : transformer les ressources et les activités du lac Kivu en véritables opportunités pour les populations. Car la dignité ne se distribue pas en discours : elle se construit par le travail, se protège par des droits et se consolide par des revenus justes.

Emmanuel Ndimwiza
Éditeur- Voix du Paysan

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