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Butembo : 27 jeunes morts, l’alcool tue en silence à Kitulu

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À Kitulu, à Butembo, l’alcool n’est plus seulement une question de consommation individuelle : lorsqu’il emporte 27 jeunes depuis janvier 2026, selon le chef de quartier, il devient une urgence sociale et sanitaire qui interpelle fabricants, vendeurs, consommateurs et autorités.

27 jeunes morts. Le chiffre glace, même s’il doit encore être documenté et établi avec précision par les services compétents. Selon le chef du quartier Kitulu, ces décès seraient liés à une consommation excessive d’alcool. Révélé lors d’une séance de sensibilisation animée le 11 septembre par le pasteur Sam Kasereka, ce bilan ressemble moins à une statistique qu’à une alarme : derrière chaque mort, il y a une famille brisée, des projets interrompus et une jeunesse qui s’effondre.

Mais qui fabrique cette tragédie ? Les boissons fortement alcoolisées ne tombent pas du ciel. Elles sortent des chaînes de production, traversent les circuits commerciaux et finissent dans les mains des consommateurs. Derrière chaque bouteille vendue se pose donc une question dérangeante : jusqu’où peut-on commercialiser un produit dont l’abus peut détruire des vies, particulièrement lorsque les jeunes en deviennent les principales victimes ?

Il faut aussi regarder du côté de ceux qui fabriquent et commercialisent ces boissons. Le profit ne devrait jamais être plus précieux que la vie humaine. Produire, distribuer et vendre de l’alcool fort sans contrôle rigoureux, sans protection des jeunes et sans véritable responsabilité sociale revient à laisser une bombe à retardement circuler dans les quartiers. Les autorités doivent renforcer les contrôles, combattre les produits dangereux ou frelatés et sanctionner les pratiques commerciales qui exposent les populations.

Et que dire de la consommation ? La responsabilité individuelle demeure essentielle. L’alcool ne doit pas devenir une fatalité culturelle, ni un refuge pour une jeunesse confrontée au chômage, au désespoir et aux frustrations. Sensibiliser ne suffit plus : familles, écoles, Églises, associations et autorités doivent construire une véritable prévention, particulièrement auprès des jeunes.

Kitulu doit-il attendre un 28e, un 29e ou un 30e mort pour que l’alerte soit prise au sérieux ? Butembo ne peut pas banaliser une tragédie annoncée. Derrière les bouteilles, il y a des visages ; derrière les profits, des vies. Il est temps de condamner la banalisation des boissons fortement alcoolisées, d’encadrer fermement leur fabrication et leur commercialisation, et surtout de protéger la jeunesse avant que l’alcool ne transforme davantage nos quartiers en cimetières silencieux.

Emmanuel Ndimwiza
Éditeur- Voix du Paysan

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