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À Bukavu, le feu n’est plus un accident : il devient une inquiétante habitude. Après le drame meurtrier du 10 septembre, un nouvel incendie frappe encore la ville ce 11 septembre, au niveau de Camp Mweze, dans la commune de Kadutu. Une répétition qui sonne comme un avertissement.
« Ces incendies vont finir par déshabiller toute la ville », lâche un citoyen rencontré sur place, le regard tourné vers les flammes. À peine la ville avait-elle commencé à mesurer l’ampleur du drame du 10 septembre que le feu revient, comme pour rappeler que Bukavu demeure dangereusement vulnérable. Chaque incendie emporte des biens, des souvenirs, parfois des vies, mais surtout une part de la confiance des habitants.
« Pourquoi ces incendies deviennent-ils aussi fréquents à Bukavu ? », s’interroge un autre citoyen. La question mérite mieux qu’un simple constat après chaque sinistre. Urbanisation anarchique, densité de l’habitat, accès difficile de certains quartiers, insuffisance des dispositifs de prévention et de lutte contre les incendies : la tragédie impose désormais un examen sans complaisance de l’aménagement urbain.
« À qui et à quelle avenue sera le prochain tour ? », lancent, avec inquiétude, des habitants. Cette interrogation, presque devenue une prière, traduit une ville qui vit désormais avec la peur au ventre. Une ville où l’on regarde les fumées monter en se demandant si la prochaine alerte ne viendra pas de sa propre rue.
Bukavu ne peut pas continuer à compter ses maisons brûlées comme on compterait les jours d’une saison sèche. Il faut repenser la ville avant que la ville ne soit définitivement défigurée par les flammes. Les autorités, les urbanistes, les services de secours et les citoyens doivent agir ensemble : prévention, planification urbaine, voies d’accès, équipements anti-incendie et contrôle des constructions ne peuvent plus être des sujets secondaires. Car lorsqu’une ville brûle à répétition, ce n’est plus seulement le feu qu’il faut combattre : c’est l’échec de l’anticipation qu’il faut regarder en face.
La Rédaction
Bukavu en flammes : à qui le tour demain ?