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Le 10 septembre 2026, trois grandes villes congolaises ont été frappées par des incendies meurtriers. À Bukavu, le drame scolaire a pris une dimension tragique : le bilan communiqué dans le rapport présenté est de 29 élèves décédés et 25 autres pris en charge. Au-delà du choc, ces incendies posent une question urgente : que vaut une ville lorsque l’aménagement, la prévention et la sécurité des citoyens sont relégués au second plan ?
Bukavu pleure ses enfants. Des écoles réduites en cendres, des maisons détruites et des familles plongées dans le deuil : le bilan est aussi humain que matériel. Le document daté du 10 septembre 2026 indique que les deux écoles concernées étaient construites en bois et que plus de 300 maisons voisines ont également été réduites en cendres. Une tragédie qui dépasse largement le cadre d’un simple sinistre.
Et Bukavu n’est pas seule. Goma et Kinshasa ont, elles aussi, été confrontées à des incendies le même jour. La répétition de ces catastrophes doit cesser d’être considérée comme une fatalité. Lorsque les quartiers s’étendent sans planification suffisante, lorsque les constructions vulnérables côtoient des zones densément peuplées et lorsque les moyens de prévention et d’intervention restent insuffisants, le feu trouve un terrain idéal pour devenir une catastrophe collective.
Aux élites congolaises, il faut désormais parler sans détour. Une ville ne se gouverne pas uniquement par des discours, des inaugurations ou des plans qui dorment dans les bureaux. Elle se gouverne par l’anticipation. Où sont les plans d’évacuation ? Où sont les normes de construction effectivement appliquées ? Où sont les équipements de lutte contre les incendies, les voies d’accès dégagées, les réserves d’eau et les services d’urgence suffisamment dotés ? Chaque drame doit devenir une leçon de gouvernance.
Le temps est venu de repenser profondément l’aménagement urbain en RDC. Bukavu, Goma, Kinshasa et les autres villes congolaises ont besoin d’une politique urbaine rigoureuse, fondée sur la sécurité humaine, la prévention des risques, le contrôle des constructions, la protection des écoles et des quartiers populaires. L’urbanisme ne peut plus être une affaire secondaire : il touche directement à la vie et à la dignité des citoyens.
Car derrière les chiffres, il y a des visages, des familles et des avenirs brisés. Les 29 élèves annoncés décédés à Bukavu ne doivent pas devenir une simple statistique de plus dans l’histoire des catastrophes urbaines congolaises. Que les autorités établissent les responsabilités, assistent les victimes et surtout tirent les conséquences de cette tragédie. Une ville qui ne protège pas ses enfants est une ville qui doit revoir d’urgence sa manière d’être gouvernée.
Emmanuel Ndimwiza
Éditeur- Voix du Paysan
Bukavu, Goma, Kinshasa : quand nos villes brûlent, c’est la gouvernance qui est en cause