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Enlevés puis promis aux rangs des combattants, deux adolescents de 14 ans ont réussi à fuir une base des ADF. Leur récit révèle surtout une réalité plus glaçante : d’autres enfants seraient toujours retenus dans la forêt.
Dans le territoire de Mambasa, en Ituri, la forêt ne doit pas devenir le tombeau de l’enfance. Dani et Joël, deux adolescents âgés de 14 ans, enlevés dans des circonstances différentes par les ADF, ont réussi à s’échapper et à atteindre l’agglomération de Ngubo, près de Teturi, dans la chefferie de Babila Babombi, mardi 8 septembre. Plusieurs jours durant, ils auraient été détenus par leurs ravisseurs, qui envisageaient, selon leurs témoignages, de les transformer en combattants.
Mais derrière leur fuite se dessine une tragédie plus vaste. Les deux enfants affirment que plusieurs autres mineurs enlevés comme eux seraient toujours retenus en otage dans la même forêt. Si ces témoignages sont confirmés, il ne s’agit plus seulement d’un nouvel épisode de violence : c’est une urgence humanitaire et sécuritaire qui exige une réaction immédiate. Chaque jour passé sans intervention peut signifier pour ces enfants une journée supplémentaire sous la menace des armes.
L’alerte lancée par le défenseur des droits humains Zephani Kataliko doit être entendue sans détour. Les populations de Linzanza, Etabe, Mingazi et des localités environnantes sont appelées à la vigilance, mais la vigilance des civils ne saurait remplacer la responsabilité régalienne de l’État. On ne peut demander éternellement aux communautés de se protéger seules face à des groupes armés qui enlèvent des enfants au cœur même de leur territoire.
Aux autorités congolaises, le message est donc brutalement simple : où sont les dispositifs de protection ? Les services de sécurité doivent rechercher activement les enfants encore détenus, sécuriser les axes et les zones exposées, et empêcher que les forêts de Mambasa deviennent des viviers de recrutement forcé. Protéger un enfant aujourd’hui, c’est empêcher qu’une victime de la guerre soit transformée demain en instrument de la guerre.
L’évasion de Dani et Joël ne doit surtout pas être célébrée comme une victoire isolée. Elle doit être considérée comme un cri d’alarme. Deux enfants ont retrouvé le chemin de la liberté ; combien attendent encore derrière les arbres, dans le silence des armes ? À Mambasa, l’État est désormais face à un impératif qui ne souffre ni lenteur ni excuses : retrouver ces enfants, les sauver et rendre leurs ravisseurs comptables de leurs crimes.
La Rédaction
Ituri : deux enfants arrachés aux ADF, l’alerte rouge dans les forêts de Mambasa