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À Bukavu, dans la province du Sud-Kivu, l’entreprise JOLIE MAISON tente de donner une seconde vie à une denrée aussi populaire que périssable : les feuilles de manioc. À travers sa marque TAYARI SOMBE, elle propose du sombe frais, surgelé et déshydraté, tout en valorisant les résidus de transformation par le compostage. Une initiative qui entend conjuguer alimentation, création d’emplois et économie circulaire.
À Bukavu, la transformation des feuilles de manioc, communément appelées sombe, évolue progressivement avec l’émergence d’initiatives agroalimentaires locales. Parmi elles, Tayari Sombe, une marque de l’entreprise Jolie Maison, cherche à répondre à un double défi : réduire les pertes post-récolte et faciliter l’accès des ménages à un produit traditionnel prêt à cuisiner.
Traditionnellement, la préparation du sombe demande plusieurs étapes, notamment le tri, le nettoyage, le pilage ou le broyage et la cuisson. Or, les feuilles de manioc sont particulièrement périssables après leur récolte. Pour l’équipe de Tayari Sombe, leur transformation et leur conservation constituent donc un moyen de prolonger leur durée de vie tout en créant de la valeur localement.
Du champ à la cuisine
Tayari Sombe commercialise plusieurs formats de produits : sombe frais, surgelé et déshydraté. Les feuilles sont triées, nettoyées et préparées avant d’être conditionnées pour faciliter leur utilisation par les consommateurs.
Notre mission est de valoriser les feuilles de manioc produites localement en les transformant en un produit alimentaire de qualité, hygiénique, pratique et prêt à cuisiner, explique Madame ISHARA Julie directrice générale et responsable de la production au sein de l’entreprise.

Cette transformation vise notamment les ménages qui souhaitent continuer à consommer un aliment traditionnel sans consacrer autant de temps à sa préparation.
Pour les responsables de l’entreprise, l’enjeu est également de promouvoir la consommation des produits locaux et de rapprocher les producteurs des marchés.
Près d’une tonne de feuilles transformées chaque mois
Au-delà de la commercialisation du produit, Tayari Sombe affirme avoir mis en place une démarche de valorisation des déchets issus de la transformation.
« Aujourd’hui, ce sont près d’une tonne de feuilles de manioc transformées et plus de trois tonnes de déchets organiques valorisés chaque mois », indique l’Ingenieur Héritier Mastaki chargé de communication et relations extérieures.
Les résidus sont notamment destinés au compostage afin de produire un engrais organique utilisé dans le jardinage urbain. Une pratique qui s’inscrit dans une logique d’économie circulaire, où les déchets d’une activité deviennent des ressources pour une autre.
C’est un modèle d’économie circulaire qui démontre qu’à Bukavu, l’innovation locale peut créer de la valeur à la fois économique, sociale et environnementale, soutient l’ingenieur Héritier Mastaki.

Une activité qui mise sur les producteurs locaux
La stratégie de Tayari Sombe ne se limite pas à la transformation. L’entreprise affirme vouloir renforcer les débouchés pour les producteurs locaux, avec une attention particulière portée aux femmes rurales.
Sa mission prévoit également de créer des opportunités économiques pour les producteurs et de contribuer à la sécurité alimentaire en République démocratique du Congo.
Pour Jolie Maison, la transformation locale permet ainsi de conserver une plus grande partie de la valeur ajoutée au sein de la chaîne de production, depuis les producteurs de feuilles jusqu’au consommateur final.
Des consommateurs séduits par la praticité
Sur le marché, la proposition de Tayari Sombe repose notamment sur un argument : faire gagner du temps aux consommateurs tout en conservant le caractère traditionnel du produit.
« la qualité, le goût, la facilité de préparation et le prix du produit nous pousse d’aller s’approvisionne dans cette entreprise affirme Madame Juliette BABWIRIZA entrepreneur dans la ville de Bukavu ».
le sombe frais, surgelé , déshydraté et l’expérience d’utilisation fait notre choix du moment à -t – il renchéri Monsieur Justin BIKUBA responsable d’un restaurant dans la commune d’Ibanda.
Ces témoignages permettent de confronter le discours de l’entreprise à l’expérience réelle des utilisateurs, notamment sur des critères comme le goût, l’hygiène, le conditionnement, le prix et la facilité de préparation.
Une ambition qui dépasse Bukavu
Jolie Maison affiche une ambition plus large pour Tayari Sombe. L’entreprise veut faire de la marque une référence congolaise dans la transformation des produits locaux, avec l’objectif de s’étendre progressivement à l’ensemble des provinces de la RDC avant d’envisager les marchés internationaux.
De la perte à la valeur
Dans un contexte où la réduction des pertes post-récolte demeure un enjeu important pour les producteurs et les acteurs de l’agroalimentaire, Tayari Sombe mise sur la transformation comme levier de création de valeur.
À Bukavu, l’expérience de Tayari Sombe montre ainsi comment un produit ancré dans les habitudes alimentaires peut devenir le point de départ d’une activité agroalimentaire structurée, à la croisée des enjeux économiques, sociaux et environnementaux.
Albert CINYABUGUMA