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La rentrée scolaire ne doit pas transformer le trajet vers l’école en parcours à risques. À Goma, parents, écoles et autorités doivent faire de la sécurité des enfants une priorité absolue.
À Goma, les cartables reprennent le chemin des classes, mais l’inquiétude accompagne encore les pas des plus jeunes. Dans une ville où voitures et motos peuvent filer à vive allure, le simple trajet entre la maison et l’école devient parfois une épreuve. Aux dangers de la circulation s’ajoute le souvenir des enlèvements signalés au cours des années précédentes. Pour un enfant, quelques centaines de mètres peuvent suffire à faire basculer l’insouciance dans l’angoisse.
La première vigilance revient aux familles. Les enfants de la maternelle et du primaire ne devraient pas être livrés à eux-mêmes sur les routes, particulièrement aux heures de forte affluence. Les accompagner, c’est certes une contrainte pour des parents déjà absorbés par les difficultés quotidiennes, mais c’est surtout une responsabilité. Un enfant n’a ni la prudence d’un adulte face à un véhicule lancé à pleine vitesse, ni les moyens de mesurer seul les risques qui l’entourent.
Mais la sécurité scolaire ne saurait reposer uniquement sur les épaules des parents. Les établissements doivent verrouiller intelligemment leurs accès, contrôler les entrées et sorties et savoir qui vient chercher les élèves. La police, elle aussi, doit occuper le terrain plutôt que d’attendre que l’incident survienne. Aux heures où les rues se remplissent d’écoliers, la présence sécuritaire autour des écoles devrait être visible, dissuasive et constante.
Une société se juge aussi à la manière dont elle protège ses enfants. À Goma, la rentrée ne doit pas seulement annoncer le retour des cours, des uniformes et des cahiers : elle doit rappeler une obligation collective. Aucun programme scolaire ne vaut une vie d’enfant, aucune urgence professionnelle ne justifie l’indifférence, et aucun trajet vers l’école ne devrait devenir un aller sans retour. Protéger les élèves, c’est protéger l’avenir même de la ville.
La Rédaction