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Kinshasa : le train déraille, la promesse vacille

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Relancé en grande pompe après quinze ans d’interruption, le train urbain de Kinshasa vient de connaître un premier sérieux accroc. À Masina, le déraillement du 2 septembre ravive une question aussi simple qu’embarrassante : peut-on promettre la modernisation sans garantir la fiabilité ?

Le train urbain venait à peine de reprendre ses rails que les rails, eux, semblent avoir rappelé leur fragilité. Ce mercredi 2 septembre, à Masina, un convoi a déraillé, semant l’inquiétude parmi les habitants et les usagers. À ce stade, les circonstances de l’incident et son éventuel bilan restent à établir officiellement. Mais le symbole, lui, est déjà lourd.

Car cette ligne ferroviaire n’est pas un projet ordinaire. Elle incarnait le retour d’un service public longtemps abandonné, après près de quinze années d’interruption. Relancée le 30 juin par Félix Tshisekedi, la liaison de 25 kilomètres entre la Gare centrale et l’aéroport de N’djili devait porter l’image d’une Kinshasa capable de renouer avec le rail et de desserrer l’étau d’une mobilité devenue infernale.

Un déraillement ne suffit évidemment pas à condamner toute une politique ferroviaire. Mais il suffit à rappeler une vérité que les inaugurations aiment parfois dissimuler : la modernité ne se mesure pas au ruban coupé, mais à la sécurité du passager une fois le train en mouvement. Réhabiliter une voie, remettre des locomotives en circulation et annoncer la renaissance du rail ne valent que si la maintenance, les contrôles techniques et la qualité des infrastructures suivent.

Kinshasa n’a pas besoin d’un train-symbole qui fonctionne le temps d’une cérémonie. Elle a besoin d’un service fiable, régulier et sûr, capable de transporter quotidiennement des milliers de Congolais sans transformer chaque trajet en pari. L’incident de Masina doit donc être traité avec transparence : comprendre ce qui s’est passé, établir les responsabilités et corriger les défaillances, sans complaisance ni précipitation.

Le rail congolais ne doit pas dérailler avec ses promesses. À Masina, ce n’est peut-être qu’un train qui a quitté ses rails ; mais pour les autorités, c’est toute une politique de mobilité qui doit rester sur la bonne voie. La confiance des usagers, elle aussi, a besoin d’une voie solide.

La Rédaction

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