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Climat : assez de promesses, il est temps d’agir avant le point de non-retour

Voix du Paysan pour former et informer les citoyens : un engagement pour la justice sociale et climatique.

Le PNUE tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme : le réchauffement climatique rapproche dangereusement la planète de changements irréversibles. Mais face à l’urgence, les déclarations solennelles ne suffisent plus. Entre les engagements internationaux et la réalité des politiques publiques, le fossé demeure béant.

Le climat, lui, ne négocie pas. Il ne participe ni aux conférences diplomatiques ni aux sommets où s’empilent les promesses. Il répond aux émissions de gaz à effet de serre, à la destruction des forêts, à l’exploitation effrénée des énergies fossiles. La déstabilisation des calottes glaciaires, la fragilisation de l’Amazonie ou les perturbations possibles de l’AMOC rappellent brutalement qu’il existe des seuils que l’humanité pourrait franchir sans garantie de retour. Le véritable scandale n’est donc plus de ne pas savoir : nous savons.

Et pourtant, le monde continue de parler davantage qu’il n’agit. Les discours sur la neutralité carbone se multiplient pendant que les investissements dans les énergies fossiles persistent, que les forêts reculent et que les populations vulnérables paient le prix d’une crise qu’elles ont souvent beaucoup moins contribué à provoquer. La justice climatique ne peut pas rester une formule de conférence. Elle doit devenir une règle politique : ceux qui ont historiquement le plus émis doivent réduire plus vite, financer davantage et assumer une responsabilité particulière envers les communautés les plus exposées.

La réponse existe pourtant. Accélérer les énergies renouvelables, améliorer l’efficacité énergétique, préserver les forêts et les océans, restaurer les écosystèmes, développer des villes plus végétalisées et renforcer l’adaptation sont autant de leviers immédiatement mobilisables. Il faut également investir dans l’agriculture résiliente, protéger les ressources en eau et donner aux communautés locales une véritable place dans les décisions. Le « zéro émission nette » ne doit surtout pas devenir un permis de continuer à polluer en attendant que des technologies hypothétiques retirent le carbone de l’atmosphère : la priorité demeure la réduction réelle et massive des émissions.

L’Afrique, qui subit déjà de plein fouet les sécheresses, les inondations, les déplacements de populations, l’insécurité alimentaire et la dégradation des écosystèmes, ne peut se contenter d’être spectatrice de cette course contre le temps. Elle doit défendre une transition juste, financer l’adaptation, protéger ses forêts et ses communautés, tout en développant massivement son immense potentiel solaire, hydraulique, éolien et géothermique. Le message du PNUE est finalement aussi simple que sévère : chaque année perdue rétrécit notre marge de manœuvre. La planète n’attendra pas nos prochaines promesses.

Emmanuel Ndimwiza
Éditeur- Voix du Paysan

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