Voix du Paysan pour former et informer les citoyens : un engagement pour la justice sociale et climatique.
Alors que la riposte se poursuit dans six provinces, l’épidémie d’Ebola rappelle brutalement qu’en RDC, chaque relâchement peut se payer au prix fort.
Le chiffre est lourd, presque vertigineux : 6 041 cas confirmés et 2 911 décès au 29 août 2026. Derrière ces statistiques se cachent des familles endeuillées, des communautés éprouvées et un système de santé contraint de tenir dans la durée. Avec 619 patients encore en isolement ou hospitalisés, l’épidémie est loin d’avoir livré son dernier combat.
La géographie de la riposte dit aussi la persistance du danger. Six provinces et 60 zones de santé restent mobilisées, sans nouvelle zone touchée au cours des dernières 24 heures. L’Ituri, le Nord-Kivu et le Haut-Uélé concentrent les efforts. Cette stabilité apparente ne doit pourtant pas être confondue avec une victoire : face à Ebola, le silence d’une journée ne signifie pas nécessairement la fin de la tempête.
Il y a néanmoins des signes d’espoir. 1 366 personnes ont guéri, preuve que la maladie n’est pas une condamnation lorsque la prise en charge intervient à temps. Mais avec un suivi des contacts évalué à 82,4 %, la bataille demeure inachevée. Dans une épidémie où la traçabilité peut faire la différence entre une chaîne de transmission maîtrisée et une nouvelle flambée, chaque contact perdu est une porte entrouverte au virus.
La responsabilité ne repose toutefois pas uniquement sur les équipes médicales. Elle engage aussi les pouvoirs publics, les leaders communautaires, les médias et chaque citoyen. L’appel gratuit au 151 doit devenir un réflexe collectif devant tout symptôme suspect. La lutte contre Ebola est aussi une bataille contre les rumeurs, la peur, la stigmatisation et la tentation de cacher les malades par crainte ou méfiance.
La RDC connaît trop bien le prix de l’impréparation. Avec près de trois mille morts déjà enregistrés, cette dix-septième flambée impose une riposte sans fatigue et une vigilance sans relâche. Ebola ne négocie pas avec l’indifférence : il profite des failles, des retards et des silences. Tant qu’un seul foyer subsiste, la victoire reste à conquérir.
Emmanuel Ndimwiza
Éditeur- Voix du Paysan
Ebola en RDC : 6 041 cas, 2 911 morts… l’urgence de ne plus baisser la garde