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Passeports au Tchad : quand l’administration encaisse, mais ne délivre plus

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Au Tchad, l’attente des passeports vire à l’épreuve administrative. Des citoyens affirment avoir payé leurs documents sans jamais les recevoir, alors que la rentrée scolaire et universitaire approche.

L’administration des passeports ne devrait pas être un labyrinthe où le citoyen dépose son argent et perd ensuite la trace de son dossier. Pourtant, selon les témoignages relayés, des demandeurs tchadiens attendraient depuis des mois, voire davantage, la délivrance de documents pour lesquels ils ont déjà payé. À 60 000 FCFA au Tchad et jusqu’à 160 euros dans la diaspora, le passeport n’est pas seulement un document : il devient, pour certains, le prix d’une liberté suspendue.

Les conséquences dépassent largement les guichets de l’ANATS. Un enfant peut se retrouver sans inscription, un étudiant dans l’impossibilité de rejoindre son établissement, un travailleur empêché de voyager, une famille retenue dans l’incertitude. Quand un document administratif indispensable tarde sans explication claire, c’est toute une vie qui peut être mise entre parenthèses. L’administration cesse alors d’être un service public pour devenir une frontière invisible.

La demande d’un contrôle administratif et financier de l’ANATS et de ses opérations dans la diaspora mérite, à ce titre, une réponse publique et transparente. Il ne s’agit pas de transformer des accusations en condamnations, mais d’exiger que chaque dossier puisse être retracé, que les délais soient expliqués et que les sommes versées correspondent effectivement à un service rendu. Dans un État de droit, le citoyen n’a pas à mendier ce que l’administration lui doit.

Le passeport n’est ni une faveur ni un privilège : c’est un instrument concret de mobilité et, pour beaucoup, une condition essentielle pour étudier, travailler, rejoindre sa famille ou simplement exercer son droit de voyager. Lorsque l’argent est encaissé mais que le document reste introuvable, la question devient brutale : où sont les passeports ? Au-delà des slogans et des promesses, les citoyens attendent désormais des réponses, des délais et, lorsque le service n’a pas été rendu, des solutions.

Emmanuel Ndimwiza
Éditeur- Voix du Paysan.

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